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  • : Un referendum en Alsace - Conseil unique d'Alsace - Collectivité Territoriale - Referendum du 7 avril 2013
  • Un referendum en Alsace - Conseil unique d'Alsace - Collectivité Territoriale - Referendum du 7 avril 2013
  • : Les enjeux de la Collectivité Territoriale d'Alsace (anciennement Conseil Unique d'Alsace) : institutions d'avenir ou illusion collective ? --- Eléments d'analyse proposés par Mathieu Lavarenne, président du Cercle Républicain 68 Edouard Boeglin et premier adjoint au maire (indépendant) dans un petit village alsacien.
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  • Les enjeux de l'évolution institutionnelle de l'Alsace pendant et après la campagne référendaire du 7 avril 2013. Pour ou contre une Collectivité Territoriale d'Alsace ? Des documents et des analyses...
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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 02:39

 

 

Réforme territoriale - Les dérives en Alsace

« Jetzt langt's » :

maintenant, ça suffit !

 

(mise à jour du 1er décembre)

 

70-ans-apres-copie-4.jpgDepuis le 6 juin dernier et les commémoration du débarquement de Normandie, le « 70ème anniversaire de la Libération de la France et de la victoire sur le nazisme » fait l'objet de nombreuses cérémonies nationales et internationales, dans l'objectif que les plus jeunes n'oublient pas ce sang qui a hélas coulé en quantité, au service de la liberté et des valeurs républicaines. Ce 23 novembre 2014 à Strasbourg, alors même que l'on y commémorait officiellement la difficile libération de la ville 70 ans plus tôt, un millier de personnes manifestait contre la fusion des régions : parmi eux des fanatiques ont hué des anciens combattants, d'autres ont dérobé des drapeaux bleu-blanc-rouge, d'autres encore ont arboré de nauséabonds slogans... Mais ce qui est pire encore, c'est que les voix qui se sont parfois élevées pour condamner ces dérives n'ont été que bien peu nombreuses et bien peu relayées. Avec la Marseillaise, certes chantée mais aussi sifflée le 11 octobre dernier, ces actes de plus en plus décomplexés montrent combien il est urgent de recadrer un débat qui devient malsain voire dangereux pour la cohésion sociale.

 

Un rappel historique ne fait pas de mal pour commencer. Voici celui publié sur le site officiel du 70ème anniversaire des combats de la Libération, à propos de Strasbourg et de l'Alsace : « le 22 novembre 1944, après avoir franchi les Vosges, la 2ème Division Blindée du Général Leclerc, incorporée au sein du 15ème corps d’armée américain, file vers Strasbourg pour s’emparer de la ville, et si possible de Kehl, sur l’autre rive du Rhin, tout en tenant la trouée de Saverne. Le 23 novembre à l’aube, les groupements de Guillebon, de Langlade et Dio s’ébranlent. A 10 heures, les premiers éléments du 12ème régiment de cuirassiers pénètrent dans la capitale alsacienne. Dans une proclamation, le général Leclerc rappelle aux Strasbourgeois que la libération de leur ville constitue pour lui un double symbole : l’aboutissement de son serment de Koufra et la libération de la capitale de l’Alsace, annexée par le IIIe Reich. [...] Le 16 décembre, les Allemands lancent une vaste offensive dans les Ardennes, bousculant les Américains. Le 31 décembre, une nouvelle phase de cette offensive concerne l’Alsace : une tête de pont est créée le 5 janvier devant Strasbourg. L’évacuation de la ville est envisagée par l’état-major allié, mais le général de Gaulle demande au général Leclerc de se maintenir coûte que coûte. Tandis que les troupes américaines se replient sur une ligne Haguenau-Wingen, la 3ème division algérienne, renforcée par la 10ème division d’infanterie, formée de FFI, va défendre la ville. […] Le 22 janvier, l’intervention énergique de la 2ème DB permet de stabiliser le front à une quinzaine de kilomètres de la capitale alsacienne, qui ne sera jamais reprise par l’ennemi. »

Ainsi, quand les troupes alliées sont entrées dans Strasbourg, la population les a accueillies dans un esprit de fraternité, de fête et de soulagement, à l'opposé de l'accueil réservé aux troupes du Reich quatre ans plus tôt. Et lorsque le commandement américain annonce quelques semaines plus tard qu'il souhaite se retirer d'Alsace pour stopper la contre-offensive hitlérienne dans les Ardennes (une nouvelle fois), le général de Gaulle comprend immédiatement le risque (d'où son blocage salvateur) : un bain de sang aurait été réservé aux Alsaciens, ayant manifesté leur joie, de la part des troupes allemandes et de leurs « relais » locaux. Au détriment d'une stratégie purement militaire, et contre les décisions du commandement allié, les troupes françaises font le choix de tenir l'Alsace pour protéger les populations. Belle leçon de courage et de dignité.


Des anciens combattants hués

 

Soixante-dix ans plus tard, ce dimanche 23 novembre 2014, une manifestation réunissant un petit millier de personnes contre la grande région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne a donc eu lieu à Strasbourg, suite à une mobilisation des réseaux sociaux. Parmi eux, selon Denis Becker, journaliste à France 3 Alsace, « de nombreux autonomistes et quelques groupuscules d'extrême droite ». Les informations glanées ici et là font froid dans le dos. Ainsi : « les manifestants ont fait le tour du centre ville de Strasbourg sous les yeux des touristes et des anciens combattants qui commémoraient les 70 ans de la libération de la Ville qui ont été hués par certains ». Des anciens combattants hués, le jour même de la commémoration de la Libération !? Comment le concevoir ? Comment accepter cela ? Pourquoi un tel silence parmi nos représentants ? Pour moins que ça, des propos litigieux provoquent parfois des levées de bouclier ultra-médiatisée. Mais là, rien ou presque. Comme si quelque chose gênait, on préfère fermer les yeux.

 

Vulgarité et sous-culture

 

photo-dna-ch-b.jpgChristian Bach des Dernières Nouvelles d'Alsace précise : « parmi les slogans scandés par les manifestants, "Elsass Frei" [Alsace libre] et, aussi, "Làck mich am Arsch" [lèche-moi le cul] repris par quelques centaines de personnes devant le théâtre municipal, au bas de la place Broglie. » (DNA du 23/11/2014) On appréciera la finesse d'esprit et la délicatesse dans l'expression. En espérant que cela ne soit pas interprété hors Alsace comme l'expression de la « culture spécifiquement alsacienne » tant vantée ces derniers temps...

 

"70 ans et toujours pas libérée" !

 

alca.jpgEt voici le pompon : « sur le perron de l'Hôtel de Ville, poursuit le journaliste, des manifestants ont déployé une banderole sur laquelle était écrit : "70 ans après et toujours pas libérée". » Il faut le lire pour le croire. Comme si l'Alsace n'avait pas été libérée, comme si le régime républicain ne valait pas mieux que le régime nazi… une façon de noircir la République, à moins que ce ne soit l'inverse par l'atténuation de la férocité de l'occupation hitlérienne. Et cela sous le nez ébahi d'anciens combattants de la France Libre...

 

Les milieux autonomistes n'en sont d'ailleurs pas à leur premier coup : en 2010, le parti Unser Land, turbulent allié d'Europe Ecologie, affilié à la fédération Régions et Peuples Solidaires, se voyait exclu des listes régionales communes pour propos outranciers : le micro-parti d'activiste s'indignait en effet "de la manière dont « chaque mètre carré » d'Éguisheim a été orné du drapeau national pour célébrer le 65e anniversaire de la libération de la poche de Colmar, en rappelant que cet étendard était également celui de « Pétain, du régime de Vichy, de la torture en Algérie »". Derrière un discours apparemment d'ouverture européenne, Unser Land masque à peine sa haine viscérale de la France. Andrée  Munchenbach, sa présidente actuelle, est ainsi l'auteur d’une lettre ouverte au président de la République fédérale allemande, Joachim Gauck, en août dernier, uniquement disponible en langue allemande : « Comme par le passé, l’Alsace est traitée comme une colonie. […] Nos enfants n’ont pas le droit de connaître l’histoire de leur peuple. Au lieu de cela, on leur casse les oreilles avec la Seconde Guerre mondiale […] Monsieur Gauck, s’il vous plaît, ne nous laissez pas mourir ! En tant que représentant du “grand frère” d’outre-Rhin, vous n’avez pas le droit de laisser disparaître l’Alsace. Nous attendons de vous que vous interveniez pour protéger l’Alsace » (traduction Georges Bischoff et Bernard Reumaux). A noter que le mouvement Unser Land se classe lui-même au centre gauche de l'échiquier politique. Il est très représenté dans les manifestations en Alsace ces derniers mois, sous les drapeaux rouge et blanc et les demandes d'"autonomie". Il est aussi à l'initiative des bandeaux noirs scotchés sur les panneaux des communes alsaciennes.

 

Souffler sur les braises...

 

Non seulement nos élus ne réagissent pas, restant désagréablement dans l'ambiguité, mais certains soufflent carrément sur les braises. Comment ne pas mettre les graves dérives ci-dessus en parallèle avec les propos déplacés et choquants du néo-sénateur haut-rhinois René Danesi qui affirmait il y a peu, devant ses collègues d'assemblée, le 29 octobre dernier, que « l'histoire tourmentée de notre région nous a appris qu'il fallait compter d'abord sur nous-mêmes ». Quelle vision inquiétante et étriquée de notre société ! Il est difficile de concevoir que l'on puisse être sénateur et s'exprimer ainsi devant la représentation nationale. Sa collègue la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, touchée au coeur, y répondra d'ailleurs avec une émotion à peine contenue, y voyant "une injure à l'histoire" ainsi qu'à toutes celles et tous ceux qui ont durement participé aux combats pour la Libération et plus récemment à tous les élus français, et non seulement alsaciens, qui bataillent pour le maintien de Strasbourg comme "capitale européenne".


Attitude contre-productive

 

De fait, ces attitudes outrancières jettent globalement le discrédit sur l'opposition à la réforme territoriale du gouvernement, de même que la volonté de contourner le vote du 7 avril 2013 en proposant le retour du conseil unique d'Alsace. Ce sont précisément ces actes et ces paroles qui alimentent les craintes et donnent du poids à l'idée de ne pas laisser l'Alsace seule avec ses démons identitaires. Ce sont ces propos et ces postures qui ont amenuisé le potentiel de mobilisation des citoyens contre la réforme. Sans compter la suppression de la condition de référendum pour les évolutions territoriales, purement et simplement passée aux oubliettes.

 

Les conséquences de cette image (trompeuse) d'une Alsace vulgaire, repliée sur elle-même et arrogante, sont à craindre. Ô combien ces gens-là, sous couvert d'un amour débordant, légitime et sans aucun doute sincère pour leur région d'appartenance, nuisent à l'Alsace. Avec des amis comme cela, point besoin d'ennemis. Si la grande région finit par passer, ces cohortes d'hurluberlus auront une part énorme de responsabilité dans l'échec de leur combat, victimes du syndrome de Don Quichotte (ce pseudo-chevalier, dangereusement utopiste, qui provoque toujours pire que ce contre quoi il prétend lutter, au nom justement de la pureté de ses idéaux de Justice et de Liberté...).

 

Ne serait-il pas possible de militer contre la grande région ALCA tout en brandissant fièrement le drapeau tricolore et en invoquant les principes et l'histoire de notre République ?

 

M.L.

 

 

PS (mise à jour du 1er décembre) : ce dimanche 30 novembre, une nouvelle manifestation était organisée à Colmar. Après avoir tergiversé, le collectif qui avait appelé au rassemblement s'était finalement retiré. C'est donc le parti Unser Land qui a pris les choses en main. Commentaires du journaliste Olivier Roujon dans L'Alsace du 1er décembre : "certains passages du discours d’Andrée Munchenbach, devant la préfecture du Haut-Rhin, ont pu susciter une forme de malaise. L’appel à « la résistance » ou la défense de la « Heimat » peuvent se discuter, mais demeurent compréhensibles dans le climat de défiance actuel. Mais en quoi rappeler que « manifester en France peut être mortel » , comme l’a fait Andrée Munchenbach, est-il constructif ? Quant à l’initiative de faire huer publiquement le nom du roi Louis XIV, ou celle consistant à acquiescer lorsqu’un manifestant traite le maréchal Joffre d’un nom d’oiseau, elles rappellent que manier la caricature historique peut être délicat". Avant de poursuivre : "Des propos beaucoup plus extrêmes ont aussi été entendus, notamment des slogans violemment hostiles à « Paris », au « pouvoir centralisateur » et au président de la République. « Je réclame un État alsacien indépendant, avec notre dialecte comme langue officielle », insiste Bernard, un Bas-Rhinois, en regrettant que « la France semble avoir complètement oublié l’Histoire alsacienne ». La dimension apparemment identitaire du défilé a été renforcée par la présence de militants indépendantistes bretons, qui ont pris la parole en fin de manifestation."

 

 

Pour mémoire aussi, la carte de France défendue par la Fédération Régions et Peuples Solidaires dont Unser Land est membre :

 

Unser Land et RPS

 

 

feu referendum--> Adieu référendum... (26 novembre 2014) - Où l'on verra que les débats n'ont que très peu évoqué l'article 3 de la loi de réforme territoriale qui supprime la condition de référendum pour les modifications des collectivités. 

 

 

conseil alsace reforme territoriale--> Conseil d'Alsace - Réforme territoriale - Les alchimistes du "oui" (1er novembre 2014) - Où l'on verra qu'après avoir voulu faire passer une complexification pour de la simplification, lors du pseudo débat de 2013, voilà maintenant qu'on voudrait nous faire avaler que l'échec du référendum du 7 avril serait en fait une victoire volée !

 

 

 

Couple alsacien-copie-3--> Les conseils (d'Alsace) du Dr Guido BUTTCHERT : Toute ressemblance avec des événements réels ou avec des personnalités connues, comme Guy-Dominique Kennel, Charles Buttner et Philippe Richert, est évidemment totalement fortuite.


 

chronologie CUA sommaire-copie-2--> Conseil unique d'Alsace - Le rappel des faits - Chronologie 2010-2014 (25 octobre 2014) - Où l'on pourra se remémorer les faits depuis l'autorisation légale de l'expérimentation institutionnelle en décembre 2010 jusqu'au retour forcé du conseil unique d'Alsace par la fenêtre, après qu'il ait été sorti par la grande porte du référendum.

 

 

 

 

amendement senat alsace--> Conseil Unique d'Alsace le retour - L'amendement du Sénat (22 octobre 2014) - Où l'on verra que la campagne de mauvaise foi contre les résultats du 7 avril a des répercussions au Sénat où de nombreux Alsaciens, légitimement hostiles à la grande région Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne, sont fait cocus par leurs élus...

 

 

 

Manifestation 11 octobre copie--> Conseil d'Alsace et réforme territoriale – Manifestation du 11 octobre – Une manifestation en demi-teinte (12 octobre 2014) - Où l'on verra que la manifestation du 11 octobre n'a pas été à la hauteur des espérances, pour avoir soufflé sur les divisions plutôt que sur une volonté de rassemblement.

 

 

 

citoyens en colere 2 copie--> Retour du conseil d'Alsace - Les ficelles (médiatiques) sont un peu grosses - Halte aux manipulations ! (où l'on verra comment les électeurs qui ont voté non le 7 avril 2013 sont rayés de la carte par un "sondage" réalisé dans la presse locale)

 

 

Manifestation du 11 octobre Strasbourg 2-->  Tarif spécial - La mascarade du 11 octobre (4 octobre 2014) - Où l'on verra que le Conseil d'Alsace outrepasse ses prérogatives pour soutenir une manifestation à caractère politique en demandant à la SNCF de mettre en place un tarif TER spécial de 5€.

 

 

 

22 septembre vote des trois conseils alsace--> Vote du 22 septembre 2014 en Alsace : l'orage n'a pas fini de gronder (où l'on verra la trahison des élites à l'égard du suffrage populaire exprimé lors du référendum du 7 avril 2013)

 

Richert retour du conseil d Alsace--> Retour du Conseil Unique d'Alsace - Crise de légitimité et responsabilité politique (18 septembre 2014) - Où l'on verra combien nos élites semblent avoir perdu le sens de la démocratie et de la République. Que l'on ait voté pour ou contre en Alsace lors du referendum du 7 avril 2013, cela doit choquer. Et cela choquera. Les nuages continuent de s'amonceler à l'horizon, et il y a fort à craindre pour l'avenir. Elus, élues, le tonnerre gronde. Que ferez-vous ? Que ferons-nous ?

 

 

collectivite territoriale suppression referendum copie--> Suppression de la condition de referendum et retour du Conseil Unique d'Alsace (29 août 2014) - où l'on apprendra que dans le cadre de la loi sur la fusion des régions un amendement vise à supprimer la condition de referendum pour les fusions et modifications de collectivités territoriales. Et de voir les partisans de la Collectivité unique reprendre du poil de la bête...

 

 

 

 

L'analyse des résultats du  7 avril 2013 :

infographie-les-resultats-du-referendum

 

--> En Alsace, c’est  « non » ! (9 avril 2013) - (où l’on trouvera des éléments d’analyse pour comprendre les résultats du 7 avril 2013 et faire le bilan de la campagne référendaire).

 

 

 

Dix raisons de voter non  en 2013 :


--> schema-referendum_cta.pngDix raisons de voter non : ce projet est une usine à gaz complexe qui, loin de permettre des économies risque bien de nous coûter cher. En participant à l'émiettement institutionnel de la France, il nous affaiblira sans doute plus qu'il nous renforcera. C'est un projet précipité et flou, sans aucune vision d'ensemble, et qui sert de cache-misère politique. Sur fond de crise de confiance généralisée et de fantasmes autonomistes, nos élus risquent de s'enfermer dans une bulle, car la proximité annoncée n'est qu'illusoire. Refusons le chèque en blanc.

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Published by Referendum en Alsace - dans Conseil Unique d'Alsace
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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 01:16

 

 

 

Réforme territoriale – Conseil d'Alsace

 

 


Adieu, référendum...


 

 

 

feu-referendum.jpgAlors que les débats et commentaires se sont focalisés sur l'article 1 du projet de loi « relatif à la délimitation des régions », déposé au Sénat par le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, le 18 juin 2014, l'article 3 a malheureusement été globalement passé sous silence. Il a pourtant été au coeur de ce qui était en train de se passer, en supprimant l'obligation de consulter les citoyens pour les modifications territoriales. A l'avenir, le jeu de meccano institutionnel se fera donc dans l'entre-soi des élus locaux. Aux citoyens d'être vigilants durant les campagnes électorales pour les départementales (en mars 2015) et les régionales (en décembre 2015), s'ils veulent avoir encore leur mot à dire. Et quoiqu'il arrive, les abstentionnistes auront tort.



A droite comme à gauche, trop jaloux du pouvoir ainsi accordé, les élus alsaciens (et bien peu ailleurs) n'ont donc pas levé le petit doigt pour sauvegarder la condition de référendum concernant les évolutions de collectivités territoriales. La procédure référendaire aurait pourtant réglé bien des débats : la grande région ALCA ne serait sans doute pas passée (de même que d'autres). Pas plus, il est vrai, que le conseil unique d'Alsace, déjà refusé par les urnes et objet d'un considérable acharnement thérapeutique de la part des élus qui ont précisément "raté" le référendum du 7 avril 2013. Ne parlons même pas d'un référendum national qui soumettrait à l'approbation de tous les citoyens français la réforme territoriale dans sa globalité. La claque serait assurée, tant le désamour est important, mais aussi du fait de la nature d'une réforme dont on ne perçoit pas la nécessité, risquant même de déstabiliser l'architecture de notre pays pour un bon moment. Car les batailles de chiffonniers sont loin d'être terminées : si la loi, par dérogation dans son article 2, fait de Strasbourg le « chef-lieu de sa région », il n'est pas sûr encore que l'assemblée y siège... et l'on ne sait toujours pas ce que seront les compétences de l'Eurométropole strasbourgeoise ni si elles seront compatibles avec celles de la grande région… Entre autres.



Rappel des faits.

 

JUIN-JUILLET 2014

Au Sénat – première lecture


Dans le cadre de la loi sur la réforme des régions, suite à un amendement proposé le 25 juin 2014 par le rapporteur Michel Delebarre (PS), le sénat a adopté le 4 juillet suivant la suppression de la condition de référendum pour les fusions de collectivités régionales ou départementales. Seules suffiraient les délibérations concordantes des collectivités concernées, à la majorité des suffrages.

 

NB – Si cette disposition avait existé, la consultation des Alsaciens le 7 avril 2013 n'aurait pas eu lieu, et les conseillers régionaux et généraux alsaciens auraient purement et simplement adopté le Conseil Unique d'Alsace, sans demander l'avis du peuple. Est-ce cela que certains osent appeler la réforme « jacobine » d'un Etat centralisateur : une réforme qui permet à des élus locaux, qui n'ont pas été élus sur ce programme, de faire ce qu'ils veulent avec les Institutions françaises, quitte à les déséquilibrer, sans consulter les citoyens ? On marche à l'envers. Les grands réformateurs de la révolution française, attachés à l'universalité des droits, à l'unité des institutions républicaines et à l'abolition des privilèges, se retournent dans leur tombe.



JUILLET 2014

A l'Assemblée Nationale – première lecture


Suivant la procédure accélérée imposée par le gouvernement, le texte adopté par l'Assemblée nationale le 23 juillet 2014 confirme cette suppression de la consultation populaire. Même lorsque les nouvelles régions seront votées, des modifications de limites régionales pourront être décidées, mais avant le mois de mars 2019. Selon ce qui est nommé le « droit d'option », les départements auront encore la possibilité de changer de régions (ou certaines grandes régions de fusionner en méga-régions, pourquoi pas), sur simple décision majoritaire des élus locaux. Les fusions de départements n'ont quant à elles pas de date butoir, de même que les fusions des départements et de la région d'appartenance en une collectivité unique. Cette disposition restera.

 

NB – Quand la grande région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne verra le jour, il restera donc possible aux élus alsaciens de voter pour la fusion des deux départements en une seule collectivité départementale, sans consultation des citoyens. Certains ne voulaient ni de la région ALCA, ni du Conseil unique d'Alsace, il se pourrait bien qu'il y ait les deux.



OCTOBRE 2014

Au Sénat – seconde lecture


Dans la version votée par le Sénat en deuxième lecture, le 30 octobre dernier, au lieu de la majorité, il devient nécessaire d'atteindre les 3/5 d'élus exprimés dans les assemblées délibérantes pour le droit d'option des départements et les fusions. Malgré l'ajout de ce garde-fou, l'obligation de consulter les populations reste supprimée.



NOVEMBRE 2014

A l'Assemblée Nationale – seconde lecture


La suppression de la condition de referendum est confirmée une nouvelle fois par l'immense majorité des élus. Conséquence des échecs successifs des différentes consultations en Corse, en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane ou encore en Alsace depuis 2003 ? Comme le thermomètre n'indique pas la température souhaitée, le choix est donc de s'en défaire.

Le cas alsacien a été omniprésent dans les débats, au point que M. Carlos Da Silva, rapporteur de la commission des lois, s'en est servi pour justifier l'abolition du référendum, lors du débat sur l'article 3, jeudi 20 novembre : « La commission est défavorable à cet amendement [proposé par le député Marc Dolez et qui demande de rétablir l'obligation de consultation] parce que cette voie référendaire a été utilisée une seule fois… avec une forme d’insuccès. » Autrement dit, les Alsaciens n'ont pas adopté le projet (abstention massive et non du département du Haut-Rhin), il faut donc cesser de consulter les citoyens. CQFD. Pourquoi n'a-t-on pas entendu nos députés alsaciens élever la voix à ce moment-là ? Dommage aussi que la presse soit restée quasi-muette sur le sujet.


On n'en croit d'ailleurs pas ses oreilles lorsque l'on entend André Vallini, secrétaire d’État chargé du dossier, avant le vote de l'Assemblée : « En l’état actuel du droit, pour qu’un département quitte une région pour en rejoindre une autre, plusieurs conditions doivent être réunies. Une délibération doit être adoptée par le département qui souhaite changer de région, par la région qu’il veut quitter et par celle qu’il veut rejoindre. À cela s’ajoute l’organisation non pas d’un, mais de trois référendums [ndlr : André Vallini omet toutefois de préciser qu'ils sont organisés en même temps comme s'il n'y en avait qu'un, mais cela fait partie de la construction rhétorique de son argumentation], dans la région d’origine, dans la région d’accueil et dans le département concerné, avec une condition de participation minimale de 25 % pour chacun de ces trois référendums. Concrètement, en l’état actuel de la législation, la mise en œuvre du droit d’option est donc verrouillée – permettez-moi d’employer cette expression, qui a été utilisée assez souvent – du fait de l’obligation d’organiser ces trois référendums. En supprimant ces derniers en première lecture, le projet de loi dont nous discutons a donc considérablement assoupli le droit d’option. » Mais comment ose-t-on parler ainsi du référendum et du peuple quand on est un membre de son gouvernement ? Consulter le peuple pour des réformes institutionnelles, ce serait donc un verrou ?!? Et se débarrasser des citoyens, ce serait ce qu'on appelle pudiquement assouplir en novlangue !? La crise de légitimité est bien profonde.



NB – Le débat dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale a aussi été marqué par des débordements vulgaires et indignes en ce lieu de la part de certains députés alsaciens (certains sont allés jusqu'à qualifier le projet de région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine de AArChLor, un acronyme dont la prononciation à l'alsacienne produit l'effet d'un juron bien en-dessous de la ceinture, côté pile). Il faut dire que le député PS Philippe Bies avait appuyé là où cela faisait mal, à savoir la Marseillaise, certes chantée, mais aussi sifflée lors de la manifestation du 11 octobre par les autonomistes présents en masse dans la foule, ou encore l'absence de drapeaux français, y compris à la tribune, la faible présence de drapeaux régionaux et départementaux, et la présence ultra-majoritaire de ces drapeaux « rouge et blanc » datant de 1912 pendant l'annexion prussienne et adopté par lesdits autonomistes. Les propos étaient certes polémiques, mais ne justifiaient pas des réactions d'aussi bas-étage, qui ont d'ailleurs plutôt desservi la cause qu'elles voulaient défendre.

Ces dérives n'ont toutefois été possibles que parce que le gouvernement a justement ouvert la boîte de Pandore des identités par cette réforme territoriale au minimum inutile voire contre-productive, en ce qu'elle ne répondra pas aux problèmes de notre pays, mais prend sa part dans le retrait de l’État et la mise en compétition des régions au sein de l'Europe. L'avenir nous éclairera lorsque l'on parlera des compétences. Sans compter les fractures et plaies identitaires qui ont d'ores et déjà été (ré)ouvertes à l'occasion de ce débat. Dès 2012, nous craignions dans ces pages, les dérapages et autres régressions potentielles. L'actualité nous a hélas donné raison. Par ricochet, on peut penser que les prochaines élections seront lourdes de surprises... pas forcément agréables.

 

A noter enfin, à propos d'élection, que le nombre de conseillers régionaux défini dans l'article 6 de la même loi a globalement augmenté : rien qu'en Alsace, ils passeront de 47 à 60. Economies et simplification, qu'ils disaient ?

 

M.L.





 

 

   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *

 

PS : Voici l'article 3 tel qu'il a été voté ce mardi 25 novembre. Derrière une prose alambiquée de nature à perdre ou tout au moins à rebuter les citoyens, chacun des petits b) entérine la suppression de l'obligation référendaire.

 

« Article 3

I. – À compter du 1er janvier 2016, le code général des collectivités territoriales est ainsi modifié : 

1° L’article L. 3114-1 est ainsi modifié :

a) À la première phrase du premier alinéa du I, après le mot : « généraux », sont insérés les mots : « , adoptées à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés, » ;

b) Le II est abrogé ;

2° L’article L. 4122-1-1 est ainsi modifié :

a) À la première phrase du I, après le mot : « délibérantes », sont insérés les mots : « , adoptées à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés, » ;

b) Le II est abrogé ;

c) (Supprimé)

2° bis L’article L. 4123-1 est ainsi modifié :

a) À la première phrase du premier alinéa du I, après le mot : « régionaux, », sont insérés les mots : « adoptées à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés, » ;

b) Le II est abrogé ;

c) (Supprimé)

3° L’article L. 4124-1 est ainsi modifié :

a) À la première phrase du premier alinéa du I, après le mot : « région », il est inséré le mot : « métropolitaine » et, après le mot : « délibérantes », sont insérés les mots : « , adoptées à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés, » ;

b) Le II est abrogé. »

 

 

 

 

70 ans apres-copie-4--> "Jetzt langt's" : maintenant ça suffit (30 novembre 2014) - Où l'on verra que pendant les commémorations officielles de la libération de la ville de Strasbourg 70 ans plus tôt, un millier de personnes ont manifesté contre la fusion des régions : parmi eux des fanatiques ont hué des anciens combattants, d'autres ont dérobé des drapeaux bleu-blanc-rouge, d'autres encore ont arboré de nauséabonds slogans...L'autonomisme est aujourd'hui décomplexé.

 

 

conseil alsace reforme territoriale--> Conseil d'Alsace - Réforme territoriale - Les alchimistes du "oui" (1er novembre 2014) - Où l'on verra qu'après avoir voulu faire passer une complexification pour de la simplification, lors du pseudo débat de 2013, voilà maintenant qu'on voudrait nous faire avaler que l'échec du référendum du 7 avril serait en fait une victoire volée !

 

 

 

Couple alsacien-copie-3--> Les conseils (d'Alsace) du Dr Guido BUTTCHERT : Toute ressemblance avec des événements réels ou avec des personnalités connues, comme Guy-Dominique Kennel, Charles Buttner et Philippe Richert, est évidemment totalement fortuite.


 

chronologie CUA sommaire-copie-2--> Conseil unique d'Alsace - Le rappel des faits - Chronologie 2010-2014 (25 octobre 2014) - Où l'on pourra se remémorer les faits depuis l'autorisation légale de l'expérimentation institutionnelle en décembre 2010 jusqu'au retour forcé du conseil unique d'Alsace par la fenêtre, après qu'il ait été sorti par la grande porte du référendum.

 

 

 

 

amendement senat alsace--> Conseil Unique d'Alsace le retour - L'amendement du Sénat (22 octobre 2014) - Où l'on verra que la campagne de mauvaise foi contre les résultats du 7 avril a des répercussions au Sénat où de nombreux Alsaciens, légitimement hostiles à la grande région Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne, sont fait cocus par leurs élus...

 

 

 

Manifestation 11 octobre copie--> Conseil d'Alsace et réforme territoriale – Manifestation du 11 octobre – Une manifestation en demi-teinte (12 octobre 2014) - Où l'on verra que la manifestation du 11 octobre n'a pas été à la hauteur des espérances, pour avoir soufflé sur les divisions plutôt que sur une volonté de rassemblement.

 

 

 

citoyens en colere 2 copie--> Retour du conseil d'Alsace - Les ficelles (médiatiques) sont un peu grosses - Halte aux manipulations ! (où l'on verra comment les électeurs qui ont voté non le 7 avril 2013 sont rayés de la carte par un "sondage" réalisé dans la presse locale)

 

 

Manifestation du 11 octobre Strasbourg 2-->  Tarif spécial - La mascarade du 11 octobre (4 octobre 2014) - Où l'on verra que le Conseil d'Alsace outrepasse ses prérogatives pour soutenir une manifestation à caractère politique en demandant à la SNCF de mettre en place un tarif TER spécial de 5€.

 

 

22 septembre vote des trois conseils alsace--> Vote du 22 septembre 2014 en Alsace : l'orage n'a pas fini de gronder (où l'on verra la trahison des élites à l'égard du suffrage populaire exprimé lors du référendum du 7 avril 2013)

 

Richert retour du conseil d Alsace--> Retour du Conseil Unique d'Alsace - Crise de légitimité et responsabilité politique (18 septembre 2014) - Où l'on verra combien nos élites semblent avoir perdu le sens de la démocratie et de la République. Que l'on ait voté pour ou contre en Alsace lors du referendum du 7 avril 2013, cela doit choquer. Et cela choquera. Les nuages continuent de s'amonceler à l'horizon, et il y a fort à craindre pour l'avenir. Elus, élues, le tonnerre gronde. Que ferez-vous ? Que ferons-nous ?

 

 

collectivite territoriale suppression referendum copie--> Suppression de la condition de referendum et retour du Conseil Unique d'Alsace (29 août 2014) - où l'on apprendra que dans le cadre de la loi sur la fusion des régions un amendement vise à supprimer la condition de referendum pour les fusions et modifications de collectivités territoriales. Et de voir les partisans de la Collectivité unique reprendre du poil de la bête...

 

 

 

 

L'analyse des résultats du  7 avril 2013 :

infographie-les-resultats-du-referendum

 

--> En Alsace, c’est  « non » ! (9 avril 2013) - (où l’on trouvera des éléments d’analyse pour comprendre les résultats du 7 avril 2013 et faire le bilan de la campagne référendaire).

 

 

 

Dix raisons de voter non  en 2013 :


--> schema-referendum_cta.pngDix raisons de voter non : ce projet est une usine à gaz complexe qui, loin de permettre des économies risque bien de nous coûter cher. En participant à l'émiettement institutionnel de la France, il nous affaiblira sans doute plus qu'il nous renforcera. C'est un projet précipité et flou, sans aucune vision d'ensemble, et qui sert de cache-misère politique. Sur fond de crise de confiance généralisée et de fantasmes autonomistes, nos élus risquent de s'enfermer dans une bulle, car la proximité annoncée n'est qu'illusoire. Refusons le chèque en blanc.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 16:32

        SOMMAIRE DU BLOG "REFERENDUM.ALSACE"       

Décentralisation - Régionalisation - Réforme territoriale

La consultation publique du 7 avril 2013 en Alsace et ses rebondissements.

 

Des éléments pour alimenter le débat public

   

(mise à jour du 30 octobre après le scandaleux vote du 22 septembre 2014 et le retour du sujet sur la table du Sénat, en cette fin octobre)

 

Vous trouverez ci-dessous les liens vers des articles sur les enjeux de la Collectivité Territoriale d'Alsace, parfois nommée Conseil d'Alsace ou parfois (à tort) Conseil Unique d'Alsace : institutions d'avenir ou bien plutôt illusion collective ? Plus largement, il y est question des enjeux à venir des évolutions institutionnelles en France (métropolisation, décentralisation, régionalisation...).

   

Merci d'être venus aussi nombreux sur ce blog durant les trois mois de la campagne référendaire entre janvier et avril 2013 (1000 visiteurs uniques par jour pendant la dernière semaine de campagne, plus de 1600 les deux jours qui ont précédé le scrutin, et plus de 3200 visiteurs unique le dimanche 7 avril, jour de l'échéance) et qui a fini par être référencé sur le site de France Info comme blog du Non.

 

Vous trouverez ci-dessous les liens vers les articles publiés entre fin 2012 et aujourd'hui.


(Cliquez sur les images pour les agrandir) 


 

RIEN N'EST FINI !

 

70 ans apres-copie-4--> "Jetzt langt's" : maintenant ça suffit (30 novembre 2014) - Où l'on verra que pendant les commémorations officielles de la libération de la ville de Strasbourg 70 ans plus tôt, un millier de personnes ont manifesté contre la fusion des régions : parmi eux des fanatiques ont hué des anciens combattants, d'autres ont dérobé des drapeaux bleu-blanc-rouge, d'autres encore ont arboré de nauséabonds slogans...L'autonomisme est aujourd'hui décomplexé.

 

 

feu referendum--> Adieu référendum... (26 novembre 2014) - Où l'on verra que les débats n'ont que très peu évoqué l'article 3 de la loi de réforme territoriale qui supprime la condition de référendum pour les modifications des collectivités. 

 

 

 

conseil alsace reforme territoriale--> Conseil d'Alsace - Réforme territoriale - Les alchimistes du "oui" (1er novembre 2014) - Où l'on verra qu'après avoir voulu faire passer une complexification pour de la simplification, lors du pseudo débat de 2013, voilà maintenant qu'on voudrait nous faire avaler que l'échec du référendum du 7 avril serait en fait une victoire volée !

 

 

Couple alsacien-copie-3--> Les conseils (d'Alsace) du Dr Guido BUTTCHERT : Toute ressemblance avec des événements réels ou avec des personnalités connues, comme Guy-Dominique Kennel, Charles Buttner et Philippe Richert, est évidemment totalement fortuite.

 

 

chronologie CUA sommaire-copie-2--> Conseil unique d'Alsace - Le rappel des faits - Chronologie 2010-2014 (25 octobre 2014) - Où l'on pourra se remémorer les faits depuis l'autorisation légale de l'expérimentation institutionnelle en décembre 2010 jusqu'au retour forcé du conseil unique d'Alsace par la fenêtre, après qu'il ait été sorti par la grande porte du référendum.

 

 

amendement senat alsace--> Conseil Unique d'Alsace le retour - L'amendement du Sénat (22 octobre 2014) - Où l'on verra que la campagne de mauvaise foi contre les résultats du 7 avril a des répercussions au Sénat où de nombreux Alsaciens, légitimement hostiles à la grande région Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne, sont fait cocus par leurs élus...

 

 

Manifestation 11 octobre copie--> Conseil d'Alsace et réforme territoriale – Manifestation du 11 octobre – Une manifestation en demi-teinte (12 octobre 2014) - Où l'on verra que la manifestation du 11 octobre n'a pas été à la hauteur des espérances, pour avoir soufflé sur les divisions plutôt que sur une volonté de rassemblement.

 

 

citoyens en colere 2 copie--> Les ficelles (médiatiques) sont un peu grosses (8 octobre 2014) - Où l'on verra que le journal L'Alsace propose un sondage à ses lecteurs en rayant de la carte les électeurs qui avaient choisi le non lors du referendum du 7 avril 2013.

 

 

Manifestation du 11 octobre Strasbourg 2-->  Tarif spécial - La mascarade du 11 octobre (4 octobre 2014) - Où l'on verra que le Conseil d'Alsace outrepasse ses prérogatives pour soutenir une manifestation à caractère politique en demandant à la SNCF de mettre en place un tarif TER spécial de 5€.

 

 

22 septembre vote des trois conseils alsace--> Vote du 22 septembre 2014 en Alsace : l'orage n'a pas fini de gronder (où l'on verra la trahison des élites à l'égard du suffrage populaire exprimé lors du référendum du 7 avril 2013)

Richert retour du conseil d Alsace--> Retour du Conseil Unique d'Alsace - Crise de légitimité et responsabilité politique (18 septembre 2014) - Où l'on verra combien nos élites semblent avoir perdu le sens de la démocratie et de la République. Que l'on ait voté pour ou contre en Alsace lors du referendum du 7 avril 2013, cela doit choquer. Et cela choquera. Les nuages continuent de s'amonceler à l'horizon, et il y a fort à craindre pour l'avenir. Elus, élues, le tonnerre gronde. Que ferez-vous ? Que ferons-nous ?

 

 

collectivite territoriale suppression referendum copie--> Suppression de la condition de referendum et retour du Conseil Unique d'Alsace (29 août 2014) - où l'on apprendra que dans le cadre de la loi sur la fusion des régions un amendement vise à supprimer la condition de referendum pour les fusions et modifications de collectivités territoriales. Et de voir les partisans de la Collectivité unique reprendre du poil de la bête...

 

Referendum alsacien restons vigilants-copie-1--> Fusion des collectivités : restons vigilants ! (21 décembre 2013) - (où l'on apprendra que l'amendement visant la suppression de la condition de referendum pour la fusion de collectivités est certes supprimé, mais que le projet reviendra, comme les hirondelles, avec le printemps)

 

 

amendement 745 suppression referendum--> Eh bien non ! Ce sera oui quand même... (1er septembre 2013) - (où l'on verra que moins de trois mois après le non alsacien, un amendement était voté à l'assemblée pour supprimer la condition de referendum)

 


 

L'analyse des résultats du  7 avril 2013 :

infographie-les-resultats-du-referendum

 

--> En Alsace, c’est  « non » ! (9 avril 2013) - (où l’on trouvera des éléments d’analyse pour comprendre les résultats du 7 avril 2013 et faire le bilan de la campagne référendaire).

 

 

 

Dix raisons de voter non :


--> schema-referendum_cta.pngDix raisons de voter non : ce projet est une usine à gaz complexe qui, loin de permettre des économies risque bien de nous coûter cher. En participant à l'émiettement institutionnel de la France, il nous affaiblira sans doute plus qu'il nous renforcera. C'est un projet précipité et flou, sans aucune vision d'ensemble, et qui sert de cache-misère politique. Sur fond de crise de confiance généralisée et de fantasmes autonomistes, nos élus risquent de s'enfermer dans une bulle, car la proximité annoncée n'est qu'illusoire. Refusons le chèque en blanc.

 

La notice dite "d'information" :

 

Conseil Alsace Fusion ou projet--> Une "notice d'information" hors du cadre de la loi - Pour quoi votons-nous : un projet ou une fusion ? (où l'on verra l'ambigûité fondamentale qui est entretenue entre la question de la fusion à compétences égales, la seule autorisée par la loi, et les trois pages annexées qui présentent un projet flou et incertain).

 

 Schéma collectivite territoriale d alsace conseil pas uniq

  --> La "notice d'information" et l'alchimie du "oui" : transmuer le simple en complexe, et vice-versa (ou comment on cherche à influencer les électeurs par des illusions de perspective en faisant passer pour simple ce qui ne l'est pas)

 

 

France info blog lavarenne conseil alsace--> La revue de presse du blog : France Info, France 3 Alsace, DNA, Rue89 Strasbourg. Pas L'Alsace.

 

 

 

 

Autres publications :

 

Blog referendum alsace frequentation conseil d alsace maj 0

--> Rien n'est joué d'avance... i-campagne pour un "non" de raison et de prudence (où l'on verra que les jeux sont loin d'être faits pour le "oui" et que la mobilisation sur internet sera cruciale)

 

 

 

Collectivite territoriale conseil Alsace economies referend--> Des infographies pour comprendre les enjeux de la consultation du 7 avril 2013 (où l'on retrouvera les différentes infographies créées pour ce blog avec quelques brefs commentaires) 

 


Bernard Notter non au conseil d alsace--> Le Non (censuré !?) de Bernard Notter, vice-président du Conseil général du Haut-Rhin ! Si je publie cette tribune inédite de Bernard Notter, vice-président du Conseil général du Haut-Rhin, c’est parce qu’elle a été envoyée à la presse, il y a plusieurs jours, avec pour effet que son auteur a été moqué par un journaliste de L’Alsace, dimanche 31 mars, sans même que son texte ne soit publié.

 

ils diront non conseil alsace ueberschlag goerg meyer nisan--> Ils diront "non" (où l'on découvrira les arguments de personnalités publiques engagées pour le non, à droite comme à gauche, comme l'ancien président du conseil général du Haut-Rhin Constant Goerg, l'ancien député-maire de Saint-Louis Jean Ueberschlag, le conseiller général et conseiller municipal de Mulhouse Pierre Freyburger, le conseiller général de Munster Pierre Gsell, le maire de Colmar Gilbert Meyer ou encore le conseiller général et maire de Schiltigheim Raphaël Nisand...)

 

Collectivite territoriale Alsace ayez confiance--> Un projet précipité (où l'on verra que l'on nous demande de voter pour un projet précipité, dont les grandes lignes ont été tracées à la va-vite et où rien ne sera figé avant le scrutin).

 

  

Conseil Alsace Presse Richert inquiet de la place du non--> La presse qui protège le "oui" (où l'on verra combien il est difficile d'être un opposant au projet de Collectivité Territoriale d'Alsace au regard des dérives des médias locaux)

 

 

 

Collectivite Territoriale Alsace menace sur les Co-copie-1--> Menace sur les communes ! Où est la proximité ? (où l'on verra qu'au-delà de la suppression des départements, c'est toute une autre organisation de la vie publique et politique qui se prépare, avec notamment un renforcement des Com com et d'agglo, au très large détriment des communes) 

 

 

 

Sondage conseil alsace infographie L Alsace 7 mars 2013

-->  Le grand malentendu du "Oui" (où l'on verra, après la publication du premier sondage, que les électeurs sont a priori favorables au projet à condition qu'il y ait des économies et de la simplification administrative : or c'est ce qui n'est justement pas au rendez-vous) 


Collectivite territoriale conseil Alsace economies referend

--> Economies, êtes-vous bien là ? (ou comment on cherche à faire passer 30 millions d'euros sur 5 ans pour des économies substantielles alors que le budget cumulé des trois collectivités est de 2 milliards 766 millions pour la seule année 2013)

 

 

Schéma Conseil pas unique d Alsace Collectivite Territoria--> L'Eurométropole ET le Conseil (pas unique) d'Alsace (ou comment l'annonce par François Hollande d'un statut exceptionnel d'eurométropole pour Strasbourg vient complexifier la donne de la Collectivité Territoriale d'Alsace, déjà très complexe avec notamment ses deux sièges, celui du Parlement d'Alsace à Strasbourg et celui du Conseil exécutif d'Alsace à Colmar)

 

Buttner-complexe.jpg--> Charles Buttner : ni économies, ni simplification ! (ou comment le président du CG68 reconnaît publiquement qu'il n'y aura ni économies ni simplification et que sa principale préoccupation est plus d'autonomie pour les élus alsaciens) 

 

 collectivite-territoriale-d-alsace-schema dna 23112012

 --> Un Conseil pas Unique du tout : le Conseil Complexifié d'Alsace (ou comment le conseil unique n'est plus unique du tout, avec notamment un Parlement d'Alsace à Strasbourg, un Conseil exécutif d'Alsace à Colmar)


Avis Conseils de développement Mulhouse Thur Doller--> La prudence avisée des Conseils de développement Mulhouse-Thur-Doller (où l'on pourra juger si les sages préconisations avancées dans ce rapport du mois de janvier ont été suivies d'effet ou non)

Richert Illfurth oui 15 03 2013--> Le flop des réunions pour le "oui" (où l'on verra combien la mobilisation est laborieuse dans les réunions pour le oui et où l'on pénétrera un peu dans la bulle de nos responsables politiques)

 

Appel au débat - CR68 - Nisand

--> Les partisans du "oui" ne se pressent pas pour débattre (Radio Dreyeckland a cherché des partisans du oui prêts à débattre avec Raphaël Nisand, conseiller général, maire de Schiltigheim, vice-président de la communauté urbaine de Strasbourg, qui s'était déclaré volontaire. Aucune des personnalités contactées n'a accepté de relever le défi. Le Cercle Républicain 68 a du coup lancé un nouvel appel public au débat contradictoire. Mais où sont donc les partisans du oui ? Ils préfèrent visiblement se retrouver entre eux, à 5 ou 10, autour d'une même table).


conseil alsace voter non pas abstention participation inscr--> NON, pas l'abstention ! (où l'on apprendra que s'abstenir le 7 avril, c'est risquer fortement de favoriser le "oui" à cause de l'étrange seuil de 25% des inscrits pour le "oui" qui n'a rien à voir avec un taux de participation classique)

 

 

georges-bischoff-livre-histoire-d-alsace--> Le  point de vue de l'historien Georges Bischoff : "ne pas se tromper d'Alsace" ! (où l'on verra que les mots utilisés dans le débat sont lourds de sens et qu'il s'agit de ne pas se laisser aller à la facilité des formules démagogiques, voire mythologiques, qui invoquent un supposé "destin de l'Alsace" ou invitent les Alsaciens à "prendre leur destin en main")

 

CTA-simulation-25-pour-cents-v2.jpg--> Comprendre les modalités du scrutin et les enjeux du seuil de 25% d'inscrits (ou comment moins de la moitié des citoyens inscrits sur les listes électorales pourraient emmener la grande majorité là où ils ne pensaient pas aller)

 


Collectivite-Territoriale-Alsace-Lettre-ouverte-presidente-.jpg--> Oui - Non : deux poids, deux mesures ?! Lettre ouverte à Mme la présidente de l'Université de Haute-Alsace (où l'on découvrira que les locaux de l'Université de Haute Alsace sont utilisés par les partisans du "oui", mais interdits à ceux du "non")

 

 

Conseil-Alsace-oubli-France-CG68-CG67.jpg

 

--> L'oubli de la France ! (ou comment la France est évacuée de documents officiels payés par les deniers publics)

 

 

Conseil-d-Alsace-cheque-en-blanc.jpg

 

--> Referendum en Alsace : un chèque en blanc ? (ou comment on nous demande de voter pour un projet dont on nous donnera le contenu plus tard)

 

 

 

conseil-d-alsace-Unser-Land-et-RPS.jpg

 

--> La joie des autonomistes (ou comment les officines autonomistes d'Alsace appellent à voter pour le oui et réveillent les passions identitaires, sur fond de propos ambigüs de responsables politiques )

 

 

 

CTA-Diligence.jpg--> Vieux jeu, le département ? (ou comment on caricature bien peu cavalièrement l'histoire du département pour en faire une institution dépassée)

 

 

Schema-Collectivite-Territoriale-Alsace-conseil-pas-unique.jpg

 

--> Conseil d'Alsace : le flou artistique !   (ou comment on nous propose de voter pour un projet aux contours très flous, voire inquiétants)

 

 

Conseil-Collectivite-territoriale-Alsace-25-pour-cent.jpg

 

--> Vers la suppression des 25%? (ou comment nos élites politiciennes ont tenté en catimini de faire sauter le seuil de 25% des inscrits pour la consultation publique du 7 avril 2013)

 

referendums locaux et nationaux en france depuis 1-copie-1

 

--> La consultation publique locale : mise en perspective historique (où l'on se souviendra notamment des précédents refus de la Corse et de l'Outre-mer)

 

 

 

blog referendum alsace logo-->  Pour un débat public responsable (où l'on verra que nos inquiétudes de 2012 se sont avérées dans les faits)

 

 

 

document_conseil-general-bas-rhin-rapport-collectivite-uniq.jpg

 

--> Collectivité Territoriale d'Alsace : les DOCUMENTS (où l'on trouvera les textes officiels concernant la consultation du 7 avril)


 

 

Europe des régions ethniques

--> La tentation ethnique d'Europe Ecologie Les Verts et le soutien du PS (où l'on apprendra qu'Europe Ecologie Les Verts soutient les partis autonomistes et indépendantistes qui ont obtenu un certain nombre d'élus régionaux avec le soutien indirect du PS)

 

--> La surenchère régionaliste en Alsace (où l'on verra que des politiciens alsaciens de bords très différents sont restés ambigüs lors des élections régionales de 2010)

 

--> La revue de presse du blog et du Cercle républicain 68 Edouard Boeglin.

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 11:09

 

Couple alsacien-copie-2AVERTISSEMENT - Une fois n'est pas coutume, un peu d'humour grinçant dans des pages trop sérieuses (faute avouée est à moitié pardonnée, non ?)... Toute ressemblance avec des événements réels ou avec des personnalités connues, comme Guy-Dominique Kennel (président du conseil général 67), Charles Buttner (président du conseil général 68) et Philippe Richert (président du conseil régional), est évidemment totalement fortuite.

 

GRAND JEU

CONCOURS !

La piécette ci-dessous a besoin de vous et de vos idées pour en produire une mise en vie originale (mise en scène, mise en image, mise en son… avec ou sans acteurs, avec ou sans accessoires… théâtre, bande dessinée, dessin animé, film, diaporama, peinture, street art, happening, Nô… tout est possible). Aucun droit d'auteur : vous pouvez malaxer le texte ad libidum. La meilleure production sera récompensée par une bonne louche d'admiration universelle.

 



Les conseils (d'Alsace)

du Dr Guido BUTTCHERT

 

 

Leçon I :

Prendre ses désirs pour la réalité

 

Petit drame populaire en deux actes

 

 

 

 

PERSONNAGES :

Docteur Guido BUTTCHERT

ELLE

LUI

 

 

La pièce se passe en Alsace, dans un cabinet de thérapie de couple. Deux divans de psychanalyse se font dos. Sur l'un des deux, bleu clair, viendra madame, avec une coiffe aux grandes oreilles et cocarde tricolore ; sur l'autre, rose pâle, monsieur, en gilet rouge, perruque poudrée et tricorne noir. Entre les deux, le docteur, costard-cravaté. Au milieu, une table, avec un plateau de bretzels dans lequel pioche allègrement le docteur, quitte à avoir la bouche pleine quand il commence à parler.

 

 

ACTE I

 

Dr Guido BUTTCHERT, accueillant ses patients et les installant : - Bien le bonjour, et bienvenue pour cette nouvelle séance de thérapie de couple. Il leur tend un papier.Oui, oui, c'est juste, vous l'avez compris maintenant : ici, on règle d'abord. C'est meilleur pour les résultats. Voici un stylo… Il suffit de signer là, en bas de votre chéquier. Jecompléteraile reste ! En tout cas, je vous remercie pour votre fidélité aux conseils du docteur Guido Buttchert, votre dévoué... à votre service (il s'incline obséquieusement). Voilà, installez-vous maintenant. Oui, madame, ici. Et pour Monsieur, c'est par là. Voilà… (il prend un nouveau bretzel) Alors, aujourd'hui, dites-moi, madame, monsieur, qui dans votre couple est habituellement à l'initiative ?

ELLE : -­ Eh bien, nous sommes à la page, docteur : nous votons. Dans une société démocratique, il faut voter.

LUI : - C'est vrai. Je confirme : nous votons. Pas forcément à bulletin secret, mais nous votons.

ELLE : - Et en plus, il faut la majorité des deux ! Ce n'est pas toujours facile... Il y a du débat...
LUI : - Ah pour ça... c'est le moins qu'on puisse dire... C'est comme l'autre jour, quand il fallait déboucher l'évier... Eh bien, vous n'imaginez pas, mais...

Dr Guido BUTTCHERT, l'interrompant : ­ - Vous n'y êtes pas. Méfiez-vous de ne pas devenir trop ringards. La démocratie, les débats publics qui n'en finissent pas, c'est du passé. Ca pose plus de problèmes que cela n'en résout. (Il s'emballe) Le peuple est-il suffisamment apte à comprendre ce qui est bon pour lui ? Jamais il ne répond à la question posée, c'est un étourdi... Ce qu'il lui faut, c'est un despotisme éclairé par les lanternes de la science. Autrement dit, par des gens comme moi. (Il s'interrompt soudain) Mais, bref, je m'égare. Revenons à vous.

LUI, intéressé Attendez... vous croyez ce que vous dites ? Nous pensions qu'il fallait être deux pour prendre les décisions importantes : acheter une maison, acheter une voiture, faire des enfants... ou tout simplement... faire l'amour !

ELLE, inquiète : - Vous n'imagineriez tout de même pas qu'on puisse lui donner le droit de me grimper dessus où il veut, quand il veut, comme il veut, sans se préoccuper de mon avis ?!? Ce serait l'enfer ! Car monsieur est gourmand… Enfin, vous voyez ce que je veux dire...

Dr Guido BUTTCHERT : - Que croyez-vous ?! Il s'agit d'être modernes et inventifs, il faut laisser place à l'expérimentation et en finir avec toutes ces vieilles rengaines passéistes. Un droit et une loi les mêmes pour tous, c'est du passé tout ça. Vade retro jacobinas ! Il faut de la souplesse, s'adapter à la réalité. Or la réalité, c'est que monsieur est plus grand que vous madame. Oui. Et monsieur est plus fort. Oui. C'est donc lui qui doit décider. C'est la nature des choses... (ELLE se retourne sans voix) Et si vous ne le voulez pas madame, rien ne vous oblige à rester.

LUI, songeur : - Oserai-je vraiment ?

ELLE, se redressant vivement : - ­ Mais M. Buttchert, l'accouplement forcé, c'est... c'est... c'est ce qu'on appelle couramment un viol !

Dr Guido BUTTCHERT : - Oah, tout de suite les grands mots ! Mais c'est tout simplement du terrorisme intellectuel, madame ! On ne peut plus rien dire aujourd'hui sans être traîné dans la vase du point Godwin : traitez-moi de nazi, tant que vous y êtes ! Allons, un peu de sérieux. Vous me payez assez cher pour cela… Bon, il vous faut un exemple. Regardez le cas de l'Alsace. (D'abord mielleux, tribun par la suite) Eh bien, Mââdame le Haut-Rhin fait des manières et ne veut pas. Elle a dit non. Elle refuse la fusion des corps. Et Monsieur le Bas-Rhin a fait le timide, il le voulait un peu quand même, mais du bout des lèvres... Sans doute a-t-on eu le tort de poser la question… Je ne suis même pas sûr qu'elle ait compris ce qu'on lui demandait... Quand on a envie et qu'on est le plus fort, on s'impose, c'est tout ! Il faudra bien, zizipanpan, que papa rentre dans maman et que l'Alsace unie et fusionnée se fasse enfin ! Au forceps, s'il le faut. (Prenant LUI par la main, avec un ton qui s'adoucit) Monsieur du Bas-Rhin se laissera-t-il intimider par une simplette haut-rhinoise qui prétexte de sa migraine sociale pour ne pas offrir sa rose !? Si monsieur a le nombre avec lui, monsieur a aussi la capitale. Capita, c'est la tête, non ? Et la tête, c'est ce qui donne des ordres. CQFD. (se tournant vers ELLE) Allons, madame, c'est le cours des choses, ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Vous verrez, c'est pour votre bien... Ayez confiance ! (Il reprend frénétiquement un bretzel)

LUI, dont le regard devient légèrement lubrique : - Vous… vous croyez ? J'aurais donc ce droit ?!?

Dr Guido BUTTCHERT : - Bien entendu…Allez, un peu d'autonomie, que diable mon vieux, prenez en main le destin de votre couple ! Regardez, je suis sûr qu'elle a déjà changé d'avis. En tout cas, cessez ce triste procédé qui consiste à la consulter… Vous ne voudriez tout de même pas faire un référendum, non ?... (avec une tape dans le dos) Allez, je suis sûr que vous la rendrez heureuse... (au public) Que NOUS la rendrons heureuse ! Et vous, madame, nous savons bien que vous le voulez, au fond de vous-même ! Il chante : « Que notre Alsace est belle, avec ses frais vallons... »

ELLE, part en courant, poursuivie par le docteur, lui-même suivi par le conjoint un peu déboussolé : - ­ Au secours ! A l'aide ! Au viol ! Au viol !...

 

 

ACTE II  

 

ELLE, revenant au milieu de la scène, s'époussetant les épaules, avec un chapelet d'oreilles et de coucougnettes en brochette : - M'enfin… Non, c'est non !… C'est pas croyable, ça. (Au public) Faut se faire respecter, hein ?!…Bon. Alors, si vous non plus vous ne souhaitez pas vous faire violer... Euh, c'est le cas, non ?! Oui ? Oui... Ah bon, quand même... ça rassure sur votre capital "rébellion", mais je n'en avais à vrai dire pas besoin... Ce n'est pas parce qu'on ne demande pas habituellement son avis au public qu'on a le droit de lui faire dire ce qu'on veut... Vous n'êtes pas des marionnettes, non ?... Le spectacle, c'est ici sur la scène. Pas là... enfin normalement. (Elle prend un bretzel) Parce que l'autre, là, il pense que vous n'en avez rien à faire, et que si vous vous abstenez, c'est parce que vous soutenez ses propos... Alors si vous ne souhaitez pas vous faire voler votre vote... ou si tout simplement vous êtes un brave type ou une brave donzelle trouvant choquants ces procédés de matamores à la noix de Buttchert, rejoignez-moi, préparons l'avenir !... Attendez ! Il faut que je vous donne mon zéro six... je descends de scène... j'arrive !


LUMIERE SALLE.

NOIR SCENE.

 

 

 

 

 

 

 

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feu referendum--> Adieu référendum... (26 novembre 2014) - Où l'on verra que les débats n'ont que très peu évoqué l'article 3 de la loi de réforme territoriale qui supprime la condition de référendum pour les modifications des collectivités. 

 

 

 

conseil alsace reforme territoriale--> Conseil d'Alsace - Réforme territoriale - Les alchimistes du "oui" (1er novembre 2014) - Où l'on verra qu'après avoir voulu faire passer une complexification pour de la simplification, lors du pseudo débat de 2013, voilà maintenant qu'on voudrait nous faire avaler que l'échec du référendum du 7 avril serait en fait une victoire volée !

 

 


chronologie CUA sommaire-copie-2--> Conseil unique d'Alsace - Le rappel des faits - Chronologie 2010-2014 (25 octobre 2014) - Où l'on pourra se remémorer les faits depuis l'autorisation légale de l'expérimentation institutionnelle en décembre 2010 jusqu'au retour forcé du conseil unique d'Alsace par la fenêtre, après qu'il ait été sorti par la grande porte du référendum.

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 17:46

 

Conseil d'Alsace - Réforme territoriale

 

Les alchimistes du « oui »

 

 

conseil-alsace-reforme-territoriale.jpgAlors que le Sénat vient de voter en faveur d'une Alsace seule, les 29 et 30 octobre dernier, et avant que le sujet ne se retrouve, autour du 18 novembre, sur la table de l'Assemblée (qui aura le dernier mot), le Conseil d'Alsace a fait son retour dans les débats. Et l'on reste bouche bée devant la grossière tentative des élus pour transformer le plomb en or : après avoir voulu faire passer une complexification pour de la simplification, lors du pseudo débat de 2013, voilà maintenant qu'on voudrait nous faire avaler que l'échec du référendum du 7 avril serait en fait une victoire, une victoire volée, avec un soi-disant "vote majoritaire des Alsaciens" ! Le département est présumé-supprimé, alors même que c'était l'objet de la question posée...

 

Pour être adopté en 2013, le projet de Collectivité Territoriale d'Alsace (ce Conseil « unique » d'Alsace qui était en réalité une complexification) devait réunir trois conditions : la majorité des suffrages, avec un minimum de 25 % des inscrits pour le oui (des conditions toutefois moins dures que pour un référendum local « classique » qui doit franchir coûte que coûte les 50 % de participation). Le projet devait aussi obtenir l'aval de chacune des collectivités séparément, une fusion forcée n'étant pas encore au programme.

 

Péché d'orgueil

 

Beaucoup s'imaginaient alors, dans les sphères dirigeantes, que ce qui avait raté en Corse et dans l'Outre-mer depuis 2003, ne serait qu'une formalité en Alsace. Un sentiment renforcé par le sondage CSA du 7 mars 2013 qui donnait le oui vainqueur à 71 % dans le Haut-Rhin et à 78 % dans le Bas-Rhin. Tous les voyants étaient au vert pour les promoteurs du projet, notamment les élus régionaux et départementaux qui avaient voté en sa faveur à près de 90 % lors des deux Congrès préparatoires. Péché d'orgueil, sans doute.

 

infographie-les-resultats-du-referendumLes résultats du 7 avril ont donc fait l'effet d'une véritable claque populaire. Non seulement la participation était trop faible pour que le oui bas-rhinois, à 67,5 %, soit validé, mais les Haut-rhinois ont voté à près de 56 % pour le non au projet, avec 25 points en moins que le sondage publié un mois plus tôt et une participation supérieure à ce qui était annoncé ! On a aussi pu voir apparaître deux logiques départementales clairement marquées (cf. les saisissantes infographies, dont celle ci-contre).

 

Docilité des chiffres et opération de communication

 

La statistique n'est pas une science, c'est un art. Et bien souvent, c'est l'art de mentir avec précision, comme j'ai pu l'entendre de la bouche du représentant d'un institut de sondage. De fait, on peut faire dire ce qu'on veut à des chiffres, tout dépend de leur présentation. Les communicants (c'est le terme moderne pour propagandiste, au sens neutre du terme) payés par le conseil régional et les conseils généraux l'ont bien compris.

 

Dès la soirée électorale, le bal des mauvais perdants avait en effet commencé. Et cela n'est allé qu'en s'amplifiant jusqu'à aujourd'hui avec des éléments de langage désormais bien huilés, le non du Haut-Rhin se trouvant dilué dans le oui du Bas-Rhin, avec un chiffre global de 57,6 % des votants pour le oui, répété à l'envi. Depuis, les "votants" sont devenus les "Alsaciens", dont nous avons bien compris qu'on se gardera de leur redemander leur avis, puisqu'on prétend le connaître par avance. Comme si le Haut-Rhin était présumé disparu, alors même que c'était l'objet de la consultation ! Un comble. Comme si aussi les abstentionnistes qui n'ont pas été convaincus par le projet étaient automatiquement des soutiens... Qui ne dit mot consent ?

 

Or, sur les 1,274 millions d'inscrits en Alsace, seuls 255 000 ont voté pour le oui, ce qui fait seulement 20 % d'entre eux. Et l'on veut maintenant nous faire croire que la majorité y serait favorable ! Nous aurions pu espérer une autocritique du projet de 2013 et des méthodes employées. Mais non, tout était bien, et d'ailleurs "les gens ont changé d'avis"... Le projet est toujours aussi flou et l'on ne sait toujours pas comment il pourrait s'articuler avec l'eurométropole strasbourgeoise. Entre autres.

 

Ce qui est particulièrement choquant, c'est que des sénateurs, pourtant garants de l'intérêt général, se puissent se laisser aller à une telle mauvaise foi en public. Le néo-sénateur René Danesi a ainsi affirmé dans une intervention aux relents autonomistes (et vécue comme une injure par sa collègue Marie-Noëlle Lienemann, très émue) que "notre referendum" avait été retoqué "faute d'avoir atteint le double quorum", "bien qu’approuvé par 58 % des votants". Exit le non haut-rhinois. Il ajoute d'ailleurs que "le général de Gaulle a aussi été recalé par les électeurs lorsqu’il a voulu créer les régions, mais la régionalisation a été faite" [13 ans plus tard]. C'est vrai... en 2005 aussi, les électeurs ont voté contre le Traité Constitionnel Européen et son contenu est revenu par la fenêtre en 2007. On ne peut pas être plus clair sur les intentions : les électeurs se sont exprimés, mais on fera tout pour faire l'inverse. Rappelons que De Gaulle avait eu le panache de démissionner, afin que la politique de la France ne se fasse pas contre le peuple... Ici, ce sont les mêmes qui affirment vouloir faire passer par la fenêtre ce qui vient d'être rejeté, et ce dès le soir du scrutin ! Sans scrupule.

 

 

La sénatrice Fabienne Keller a aussi appelé ses collègues à « ne pas mettre à mal le projet de collectivité unique d'Alsace qui a recueilli plus de 90 % des suffrages des élus locaux et plus de 58 % des Alsaciens ». Rien que ça ! La sénatrice Catherine Troendlé ajoute, en prévision du vote à l'Assemblée Nationale à la mi-novembre : « nous devons à présent réaffirmer l'adhésion des Alsaciens au projet de Conseil unique pour sensibiliser les députés mais aussi et surtout le président de la République » (DNA du 31 octobre). On en passe (notamment dans la presse locale) et on se pince.

 

Dès le 7 avril au soir, Philippe Richert, président du conseil régional et ancien ministre chargé de la réforme territoriale, avouait effectivement qu'il aurait préféré ne pas tenir compte du refus des Haut-Rhinois. Imaginons un instant que la région Franche-Comté décide de se lancer dans le même processus de fusion entre collectivités. Les habitants du tout petit Territoire de Belfort (moins de 100 000 inscrits) ne pèseraient pas grand-chose dans la balance, il ne leur serait même pas utile d’aller voter. Drôle de démocratie. C'est la logique du puissant qui, parce qu’il est grand et fort, pourrait annexer le petit dont les protestations ne sont pas entendues. C’est la logique impériale, de triste mémoire, et qui finit toujours mal. Exactement ce que de nombreux partisans du oui, et porteurs du projet, reprochent de façon outrancière à "Paris" en criant régulièrement (et improprement d'ailleurs) au "jacobinisme"... Y aurait-il donc un "jacobinisme" strasbourgeois ?

 

Quand, dans un couple, on force à la fusion l'un des deux partenaires, cela ne s'appelle-t-il pas un viol ?

En viendra-t-on vraiment là ?

 

 

  -> Pour profiter au mieux des conseils (d'Alsace) du docteur Guido Buttchert, rendez-vous à son cabinet de consultation en thérapie de couple, en cliquant ici.

 

 

 

  --> Sommaire du blog

 

 

70 ans apres-copie-4--> "Jetzt langt's" : maintenant ça suffit (30 novembre 2014) - Où l'on verra que pendant les commémorations officielles de la libération de la ville de Strasbourg 70 ans plus tôt, un millier de personnes ont manifesté contre la fusion des régions : parmi eux des fanatiques ont hué des anciens combattants, d'autres ont dérobé des drapeaux bleu-blanc-rouge, d'autres encore ont arboré de nauséabonds slogans...L'autonomisme est aujourd'hui décomplexé.

 

 

feu referendum--> Adieu référendum... (26 novembre 2014) - Où l'on verra que les débats n'ont que très peu évoqué l'article 3 de la loi de réforme territoriale qui supprime la condition de référendum pour les modifications des collectivités. 

 

 

 

Couple alsacien-copie-3--> Les conseils (d'Alsace) du Dr Guido BUTTCHERT : Toute ressemblance avec des événements réels ou avec des personnalités connues, comme Guy-Dominique Kennel, Charles Buttner et Philippe Richert, est évidemment totalement fortuite.


 

chronologie CUA sommaire-copie-2--> Conseil unique d'Alsace - Le rappel des faits - Chronologie 2010-2014 (25 octobre 2014) - Où l'on pourra se remémorer les faits depuis l'autorisation légale de l'expérimentation institutionnelle en décembre 2010 jusqu'au retour forcé du conseil unique d'Alsace par la fenêtre, après qu'il ait été sorti par la grande porte du référendum.

 

 

 

 

amendement senat alsace--> Conseil Unique d'Alsace le retour - L'amendement du Sénat (22 octobre 2014) - Où l'on verra que la campagne de mauvaise foi contre les résultats du 7 avril a des répercussions au Sénat où de nombreux Alsaciens, légitimement hostiles à la grande région Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne, sont fait cocus par leurs élus...

 

 

 

Manifestation 11 octobre copie--> Conseil d'Alsace et réforme territoriale – Manifestation du 11 octobre – Une manifestation en demi-teinte (12 octobre 2014) - Où l'on verra que la manifestation du 11 octobre n'a pas été à la hauteur des espérances, pour avoir soufflé sur les divisions plutôt que sur une volonté de rassemblement.

 

 

 

citoyens en colere 2 copie--> Retour du conseil d'Alsace - Les ficelles (médiatiques) sont un peu grosses - Halte aux manipulations ! (où l'on verra comment les électeurs qui ont voté non le 7 avril 2013 sont rayés de la carte par un "sondage" réalisé dans la presse locale)

 

 

Manifestation du 11 octobre Strasbourg 2-->  Tarif spécial - La mascarade du 11 octobre (4 octobre 2014) - Où l'on verra que le Conseil d'Alsace outrepasse ses prérogatives pour soutenir une manifestation à caractère politique en demandant à la SNCF de mettre en place un tarif TER spécial de 5€.

 

 

22 septembre vote des trois conseils alsace--> Vote du 22 septembre 2014 en Alsace : l'orage n'a pas fini de gronder (où l'on verra la trahison des élites à l'égard du suffrage populaire exprimé lors du référendum du 7 avril 2013)

 

Richert retour du conseil d Alsace--> Retour du Conseil Unique d'Alsace - Crise de légitimité et responsabilité politique (18 septembre 2014) - Où l'on verra combien nos élites semblent avoir perdu le sens de la démocratie et de la République. Que l'on ait voté pour ou contre en Alsace lors du referendum du 7 avril 2013, cela doit choquer. Et cela choquera. Les nuages continuent de s'amonceler à l'horizon, et il y a fort à craindre pour l'avenir. Elus, élues, le tonnerre gronde. Que ferez-vous ? Que ferons-nous ?

 

 

collectivite territoriale suppression referendum copie--> Suppression de la condition de referendum et retour du Conseil Unique d'Alsace (29 août 2014) - où l'on apprendra que dans le cadre de la loi sur la fusion des régions un amendement vise à supprimer la condition de referendum pour les fusions et modifications de collectivités territoriales. Et de voir les partisans de la Collectivité unique reprendre du poil de la bête...

 

 

 

 

L'analyse des résultats du  7 avril 2013 :

infographie-les-resultats-du-referendum

 

--> En Alsace, c’est  « non » ! (9 avril 2013) - (où l’on trouvera des éléments d’analyse pour comprendre les résultats du 7 avril 2013 et faire le bilan de la campagne référendaire).

 

 

 

Dix raisons de voter non  en 2013 :


--> schema-referendum_cta.pngDix raisons de voter non : ce projet est une usine à gaz complexe qui, loin de permettre des économies risque bien de nous coûter cher. En participant à l'émiettement institutionnel de la France, il nous affaiblira sans doute plus qu'il nous renforcera. C'est un projet précipité et flou, sans aucune vision d'ensemble, et qui sert de cache-misère politique. Sur fond de crise de confiance généralisée et de fantasmes autonomistes, nos élus risquent de s'enfermer dans une bulle, car la proximité annoncée n'est qu'illusoire. Refusons le chèque en blanc.

 

 

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 22:49

 

Conseil unique d'Alsace

 

le rappel des faits

 

 

(chronologie 2010-2014)


 

chronologie CUA sommaire-copie-2Histoire d'un acharnement… De rebondissements en rebondissements, à l'approche de la seconde lecture au parlement du projet de réforme territoriale, il paraît nécessaire de proposer aux lecteurs un historique des faits concernant l'affaire du Conseil d'Alsace, malheureusement symptomatique de la déliquescence de nos élites politiques. Cette chronologie sommaire sera mise à jour régulièrement. (cliquez sur l'image pour agrandir)

 

16 décembre 2010

Alors que Philippe Richert est ministre des collectivités territoriales, mandaté pour réussir en Alsace ce qui a raté en 2003 avec la Corse, la Guadeloupe et la Martinique, la loi du 16 décembre 2010 rend possible les « expérimentations » institutionnelles des collectivités locales et notamment les fusions, avec plusieurs conditions : adoption par les assemblées locales concernées ; mise en place d'une consultation de type référendaire, avec nécessité de dépasser 25 % des inscrits pour le oui et d'obtenir 50 % des votants dans chacune des collectivités concernées.

 

1er décembre 2011

A l'initiative de Philippe Richert, président du conseil régional, Guy-Dominique Kennel, président du conseil général du Bas-Rhin et Charles Buttner, président du conseil général du Haut-Rhin, les conseillers régionaux et généraux d'Alsace se réunissent en congrès et décident à 101 voix sur 122 du principe d'un Conseil Unique d'Alsace.

 

15 novembre 2012

Un amendement, visant à supprimer le seuil des 25 % des inscrits pour oui, est défendu notamment par les sénateurs alsaciens Catherine Troendlé et André Reichardt (UMP), dans le cadre de la loi sur « la représentation communale dans les communautés de communes et d'agglomération ». Il est refusé. Dès ce moment, certains semblent « tenir tellement au Conseil Unique d’Alsace qu’ils seront prêts à tout pour parvenir à leurs fins, même à jouer avec la loi et les règles démocratiques » ; « les mêmes personnes ont manifestement un gros doute sur leur capacité à mobiliser plus de 25% des électeurs inscrits sur cette réforme dont on les entend dire souvent, dans les médias notamment, que "les Alsaciens l’attendent avec impatience". Pour mémoire, en 1958, pour le referendum sur la nouvelle Constitution, De Gaulle réunissait 82% des suffrages avec 80% de participation » (article de ce blog du 02/12/2012 : "Ne nous privez pas de débat!").

 

24 novembre 2012

88 %, soit 108 sur 122 des conseillers régionaux et généraux, votent pour la tenue expéditive d'un référendum le 7 avril 2013, tout en mettant sur la table un projet flou et mal ficelé, demandant un chèque en blanc aux électeurs, au prétexte qu'il y aurait des économies, une simplification et une efficacité accrue (plus on est grand, plus on est fort, est-il dit.)

 

5 février 2013

François Hollande annonce que Strasbourg deviendra une Eurométropole, avec des compétences régionales, départementales, voire nationales, en plus de communales. Rien n'est dit sur l'articulation avec les collectivités existantes, encore moins sur celles qui pourraient advenir.

 

7 mars 2013

Un sondage est publié dans la presse : 78 % des Bas-Rhinois et 71 % des Haut-Rhinois seraient favorables au conseil d'Alsace. Concert de louanges.

 

7 avril 2013

Après une campagne terne, où des voix ont été étouffées, où l'on a fait croire à tort aux opposants qu'ils pouvaient gagner en s'abstenant, où la presse locale (et encore moins nationale) n'a hélas pas joué son rôle d'observateur impartial et d'animateur de débat, le projet est clairement rejeté par les électeurs : les 67 % de oui dans le Bas-Rhin n'atteignent pas le seuil de 25 % des inscrits ; et les Haut-Rhinois se prononcent à 56 % pour le non. Malgré une puissance de feu médiatique importante, les promoteurs du projet n'ont pas convaincu les électeurs du bien fondé de leurs fragiles arguments. Durant la soirée électorale, le bal des mauvais perdants bat son plein : nos élus laissent déjà entendre qu'ils chercheront à contourner l'avis du peuple !

 

18 juillet 2013

A peine trois mois plus tard, avec un culot énorme, les députés, notamment 12 des 15 députés alsaciens, avec l'appui du gouvernement socialiste, adoptent en moins de trois minutes l'amendement 745 du projet de loi concernant la « modernisation de l’action publique territoriale » et de l’« affirmation des métropoles » visant à supprimer la condition de référendum pour les fusions et modifications de collectivités territoriales.

 

19 décembre 2013

Après plusieurs rebondissements, l'amendement est globalement supprimé : ilne lui reste que l’abaissement à 10% du nombre d’élus pouvant demander l’inscription à l’ordre du jour d’un projet de fusion entre départements et/ourégions. Mais plusieurs élus annoncent que malgré cette « défaite », ils retenteront leur chance au printemps 2014.

 

6 juin 2014

Dix-huit députés et sénateurs alsaciens s'opposent à la récente proposition du gouvernement de fusionner l'Alsace et la Lorraine et affichent leur « volonté de construire une Alsace puissante autour d’un conseil unique qui est le résultat de la fusion des deux Départements du Rhin et du conseil régional d’Alsace ». Il fallait l'oser, à peine un an après un référendum.


 

25 juin 2014

Cette fois-ci la manœuvre va s'opérer dans le cadre du projet de loi « relatif à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral ». Un nouvel amendement est déposé, visant à supprimer la consultation obligatoire des électeurs pour les fusions de collectivités. Argument avancé par certains députés : « de nombreux électeurs ne participent pas à ce type de scrutin, considérant que les modalités d’organisation administrative peuvent tout à fait être mises en œuvre, en leur nom, par leurs représentants élus au sein des différentes collectivités concernées. » Que les abstentionnistes en tirent la conclusion qu'il faut !

 

17 juillet 2014

L'assemblée nationale adopte en première lecture une nouvelle carte des régions dans laquelle l'Alsace fusionnerait non seulement avec la Lorraine mais aussi la Champagne-Ardenne. Remous (légitimes) en Alsace, mais on peut se demander si ce n'est pas à cela que ça a servi. Jean Rottner, maire de Mulhouse, lance à grands renforts médiatiques une pétition contre cette réforme... mais aussi... pour le retour du Conseil Unique d'Alsace, par le biais d'un nouveau référendum.

 

 

22 septembre 2014

S'appuyant sur la motion Rottner, 101 des 122 conseillers régionaux et départementaux votent en parallèle une motion en faveur du Conseil Unique d'Alsace, mais sans plus aucune consultation, considérant unilatéralement et explicitement que les Alsaciens auraient changé d'avis. Le projet proposé est toujours aussi flou. La différence, c'est que les mêmes qu'en 2012 proposent dorénavant de signer eux-mêmes le chèque en blanc. Le choix des élus socialistes de ne pas participer au vote permet à la presse et aux élus favorables au conseil unique de mettre en avant un chiffre de 96 % des votants.

 

11 octobre 2014

Malgré la choquante mise en place de TER supplémentaires ainsi que d'un tarif spécial à 5€ pour les manifestants, la manifestation organisée à Strasbourg sur la place de Bordeaux n'est pas à la hauteur des espérances : 7 à 8 000 participants sur les 10 à 20 000 espérés par les organisateurs. C'est deux fois moins que la veille, dans la même ville, contre le cancer du sein, beaucoup d'Alsaciens n'ayant pas voulu tomber dans le piège qui leur était tendu en mélangeant les revendications : venir manifester contre la grande région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne et se retrouver embrigadé pour le retour d'un Conseil unique pourtant refusé par référendum. On ne peut mieux diviser, au lieu de rassembler... A noter la mobilisation très visible des milieux autonomistes.

 

21 octobre 2014

Un amendement porté notamment par 5 sénateurs alsaciens proposera au Sénat, en deuxième lecture, la création d'une région Lorraine-Champagne-Ardenne d'une part, et d'une région Alsace à part, de l'autre. Cela pourrait sembler légitime si dans l'énoncé des motifs il n'y avait pas une accumulation d'arguments, particulièrement de mauvaise foi, en faveur du retour du Conseil d'Alsace, sans aucune consultation populaire annoncée.

 

29 octobre 2014

La loi retourne devant le Sénat, avant une seconde lecture à l'Assemblée dans les semaines qui suivent...

 

A suivre…

 

 

chronologie CUA sommaire-copie-2

 

 

 

 

70 ans apres-copie-2--> "Jetzt langt's" : maintenant ça suffit (30 novembre 2014) - Où l'on verra que pendant les commémorations officielles de la libération de la ville de Strasbourg 70 ans plus tôt, un millier de personnes ont manifesté contre la fusion des régions : parmi eux des fanatiques ont hué des anciens combattants, d'autres ont dérobé des drapeaux bleu-blanc-rouge, d'autres encore ont arboré de nauséabonds slogans...L'autonomisme est aujourd'hui décomplexé.

 

 

 

feu referendum--> Adieu référendum... (26 novembre 2014) - Où l'on verra que les débats n'ont que très peu évoqué l'article 3 de la loi de réforme territoriale qui supprime la condition de référendum pour les modifications des collectivités. 

 

 

 

conseil alsace reforme territoriale--> Conseil d'Alsace - Réforme territoriale - Les alchimistes du "oui" (1er novembre 2014) - Où l'on verra qu'après avoir voulu faire passer une complexification pour de la simplification, lors du pseudo débat de 2013, voilà maintenant qu'on voudrait nous faire avaler que l'échec du référendum du 7 avril serait en fait une victoire volée !

 

 

Couple alsacien-copie-3--> Les conseils (d'Alsace) du Dr Guido BUTTCHERT : Toute ressemblance avec des événements réels ou avec des personnalités connues, comme Guy-Dominique Kennel, Charles Buttner et Philippe Richert, est évidemment totalement fortuite.

 


amendement senat alsace--> Conseil Unique d'Alsace le retour - L'amendement du Sénat (22 octobre 2014) - Où l'on verra que la campagne de mauvaise foi contre les résultats du 7 avril a des répercussions au Sénat où de nombreux Alsaciens, légitimement hostiles à la grande région Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne, sont fait cocus par leurs élus...

 

 

Manifestation 11 octobre copie--> Conseil d'Alsace et réforme territoriale – Manifestation du 11 octobre – Une manifestation en demi-teinte (12 octobre 2014) - Où l'on verra que la manifestation du 11 octobre n'a pas été à la hauteur des espérances, pour avoir soufflé sur les divisions plutôt que sur une volonté de rassemblement.

 

 

 

citoyens en colere 2 copie--> Retour du conseil d'Alsace - Les ficelles (médiatiques) sont un peu grosses - Halte aux manipulations ! (où l'on verra comment les électeurs qui ont voté non le 7 avril 2013 sont rayés de la carte par un "sondage" réalisé dans la presse locale)

 

 

Manifestation du 11 octobre Strasbourg 2-->  Tarif spécial - La mascarade du 11 octobre (4 octobre 2014) - Où l'on verra que le Conseil d'Alsace outrepasse ses prérogatives pour soutenir une manifestation à caractère politique en demandant à la SNCF de mettre en place un tarif TER spécial de 5€.

 

 

22 septembre vote des trois conseils alsace--> Vote du 22 septembre 2014 en Alsace : l'orage n'a pas fini de gronder (où l'on verra la trahison des élites à l'égard du suffrage populaire exprimé lors du référendum du 7 avril 2013)

 

Richert retour du conseil d Alsace--> Retour du Conseil Unique d'Alsace - Crise de légitimité et responsabilité politique (18 septembre 2014) - Où l'on verra combien nos élites semblent avoir perdu le sens de la démocratie et de la République. Que l'on ait voté pour ou contre en Alsace lors du referendum du 7 avril 2013, cela doit choquer. Et cela choquera. Les nuages continuent de s'amonceler à l'horizon, et il y a fort à craindre pour l'avenir. Elus, élues, le tonnerre gronde. Que ferez-vous ? Que ferons-nous ?

 

 

collectivite territoriale suppression referendum copie--> Suppression de la condition de referendum et retour du Conseil Unique d'Alsace (29 août 2014) - où l'on apprendra que dans le cadre de la loi sur la fusion des régions un amendement vise à supprimer la condition de referendum pour les fusions et modifications de collectivités territoriales. Et de voir les partisans de la Collectivité unique reprendre du poil de la bête...

 

 

 

 

L'analyse des résultats du  7 avril 2013 :

infographie-les-resultats-du-referendum

 

--> En Alsace, c’est  « non » ! (9 avril 2013) - (où l’on trouvera des éléments d’analyse pour comprendre les résultats du 7 avril 2013 et faire le bilan de la campagne référendaire).

 

 

 

Dix raisons de voter non  en 2013 :


--> schema-referendum_cta.pngDix raisons de voter non : ce projet est une usine à gaz complexe qui, loin de permettre des économies risque bien de nous coûter cher. En participant à l'émiettement institutionnel de la France, il nous affaiblira sans doute plus qu'il nous renforcera. C'est un projet précipité et flou, sans aucune vision d'ensemble, et qui sert de cache-misère politique. Sur fond de crise de confiance généralisée et de fantasmes autonomistes, nos élus risquent de s'enfermer dans une bulle, car la proximité annoncée n'est qu'illusoire. Refusons le chèque en blanc.

 

 

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 00:38

 

Conseil unique d'Alsace, le retour


L'amendement "alsacien" au Sénat

 

 

 

amendement-senat-alsace.jpgAu Sénat, la « commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi relatif à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral » vient d’adopter un amendement qui sera proposé dans quelques jours aux sénateurs, visant à ne pas fusionner l'Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne. Cela pourrait sembler assez légitime, si ce n'était qu'en arrière-plan, clairement avoué, il s'agit de faire revenir le Conseil Unique d’Alsace par la fenêtre, là où les électeurs l’ont pourtant sorti par la grande porte du referendum. 

 

L'amendement, adopté par 20 voix pour, 10 contre et 3 abstentions, est porté par cinq sénateurs alsaciens : Catherine Troendlé, Fabienne Keller, André Reichardt, et Guy-Dominique Kennel, actuel président du Conseil Général du Bas-Rhin et René Danesi, vice-président du conseil régional. Tous avaient activement fait campagne pour le oui avant la consultation du 7 avril 2013. Ce n’est donc pas étonnant qu’ils croient toujours à leur (vague) idée. Ce qui est étonnant, même choquant, c’est que leur manœuvre a pour but explicite de contourner le récent vote des électeurs.

 

Florilège de toutes les récentes manipulations politiciennes


 Dans son contenu, l’amendement demande aux parlementaires de préférer le choix d’une Alsace seule, à l'inverse d’une Lorraine fusionnée avec la Champagne-Ardenne. Soit. On aurait pu en rester là, avec un peu de bon sens politique et du respect pour les électeurs. Mais dans l’énoncé de ses motifs, on ne peut être plus clair : « Cette démarche s’inscrit dans une logique portée depuis plusieurs années et qui consiste à créer une Collectivité territoriale unique en Alsace fusionnant les Conseils Généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin avec le Conseil Régional d’Alsace. » Il est aussi justifié par la volonté de « simplifier » mais aussi « faire des économies », des arguments qui avait pourtant fait flop durant la campagne de 2013. Personne n’est en effet capable de répondre comment se ferait l’articulation avec « Strasbourg eurométropole », qui disposerait de nouvelles compétences jusque-là étatiques, régionales ou départementales, en plus des compétences municipales. Quant aux économies, une approche pragmatique avait pourtant montré qu’elles seraient bien illusoires.

 

Mépris des électeurs

 

Quant aux résultats du referendum, ils sont purement et simplement escamotés par une mauvaise foi à faire pâlir. « En 2013, un référendum a été organisé dans ce même but, mais n’a pas permis la mise en œuvre. En effet bien que la question posée ait obtenu 58 % de réponses favorables, seuls 35 % des électeurs se sont déplacés, ne permettant pas d’obtenir les 25 % que les « oui » devaient représenter par rapport à l’ensemble du corps électoral. » Pourquoi ne pas rappeler que, contre toute attente, les électeurs haut-rhinois, aujourd’hui complètement méprisés, avaient voté non à près de 56%, alors même que le dernier sondage en date annonçait 71% de oui, à participation équivalente. « Oublier » cela, c’est vouloir faire croire que les départements n’existent plus, avant même de les avoir supprimés ! C’est prendre ses désirs pour la réalité. C’est une manipulation particulièrement mesquine et peu respectueuse des règles en place. Pourquoi ne pas rappeler aussi que cet étrange seuil de 25% des inscrits pour le oui (pourtant mis en place par Philippe Richert ministre, en décembre 2010) était plus favorable que n'importe quel autre référendum local qui nécessite une participation de 50% ? Et enfin pourquoi ne pas souligner que ce taux de participation, bien en-dessous des attentes, a été le signe que le chèque en blanc demandé en 2013 n'a pas convaincu les électeurs comme supposée solution à leurs problèmes...?

 

Le règne de la mauvaise foi

 

Dans ce texte ubuesque, il est aussi fait allusion au scandaleux vote du 22 septembre 2014, lorsque « 96 % » (en fait 101 sur 122, les conseillers socialistes ayant lâchement préféré ne pas participer au vote, faisant ainsi augmenter ce pourcentage utilisé aujourd'hui avec un brin de mauvaise foi) « des Conseillers Régionaux d’Alsace, des Conseillers Généraux » ont remis sur la table le Conseil unique, une « collectivité au statut particulier », malgré l’échec du 7 avril.

 

Les "cocus" de Rottner !

 

« 60 000 Alsaciens ont pétitionné pour demander la création du Conseil d’Alsace et refuser la Grande Région ALCA » : mention frauduleuse est ainsi faite à la « pétition Rottner » qui marquait son refus de la région Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne, très peu populaire il est vrai, mais aussi le retour du conseil unique d’Alsace, sous condition de référendum. Jean Rottner, le maire de Mulhouse, proposait ainsi « d’organiser, avant la fin de l’année,  un référendum pour que les Alsaciens puissent s’exprimer en toute indépendance sur leur avenir régional ». Beaucoup se sont laissés bercés par cette formulation et le regrettent aujourd’hui où la consultation électorale risque fort de disparaître, sans que nos élus locaux ne s'en émeuvent. Pour mémoire, à la date de publication de l'amendement, ladite pétition plafonnait à 55500 signataires, et non à 60000, dont un certain nombre de doublons. Tout est bon pour faire pression. 

 

Chiffres gonflés

 

Enfin, dernier argument mis en avant par les promoteurs de l’amendement : la manifestation du 11 octobre qui a tourné à la mascarade, tant par les chiffres clairement gonflés (il n’y a pas eu raisonnablement plus de 8000 personnes malgré le battage tonitruant et la complaisance de certains médias locaux, soit 0,55% des Alsaciens), que par les manœuvres politiciennes à la limite de la légalité (la mise en place de Trains régionaux à tarifs spéciaux pour les manifestants), ou encore par le flou entretenu sur les revendications. Beaucoup sont ainsi venus pour s’opposer à la fusion avec les régions voisines, et notamment la Champagne Ardenne, mais se sont retrouvés embrigadés pour le retour du Conseil Unique. Ce qui donne dans le texte des sénateurs : les « Alsaciens se sont réunis sur la place publique à Strasbourg » (il faut le lire pour le croire, mais faut-il y croire pour le dire ?). Ce fut, selon eux, « la manifestation la plus importante depuis les 50 dernières années, 12 à 15 000 personnes  – pour demander la création du Conseil d’Alsace… C’est vers la concrétisation de ce projet que les Alsaciens dans leur immense majorité se tournent ».

 

Et que fait-on des Haut-Rhinois, légalement et légitimement majoritaires contre cette fusion en avril 2013 ? Rien. Ils n’existent pas. Ils sont supprimés. Comme est supprimée la condition de référendum dans le projet de loi actuellement sur la table. La Commission spéciale du Sénat a ainsi "rétabli la possibilité pour deux départements de fusionner. Si pour le faire le referendum local est possible, mais pas obligatoire, en revanche il faut obtenir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés dans chaque assemblée départementale" (BFM TV 22/10). Un mépris des électeurs alsaciens confortant l'importante crise de légitimité qui pointe à l'horizon.

 

L'amendement pour le Conseil Unique a été rejeté

 

Il faut toutefois relativiser (pour le moment). D'après les DNA, un autre amendement a aussi été déposé par les sénateurs alsaciens « visant à créer le Conseil unique d'Alsace ». Cet amendement « a en revanche été rejeté par la commission spéciale au motif qu'il n'avait pas été évoqué en première lecture. Face à ce risque d'inconstitutionnalité, les sénateurs alsaciens ont décidé de retirer cet amendement ». Il s’agirait alors de le présenter lors du débat sur le projet de loi concernant les compétences, qui sera examiné fin décembre. « Les groupes UMP et UDI a reçu l'appui du groupe Ecologiste dans cette démarche. » Faut-il y voir un premier pas vers la tentation ethnique d'Europe Ecologie ? Les arrière-pensées autonomistes se trouvent en tous les cas confortées par l'ambiguité maintenue par nos élus locaux.

 

La Commission spéciale du Sénat a par ailleurs "rétabli la possibilité pour deux départements de fusionner. Si pour le faire le referendum local est possible, mais pas obligatoire, en revanche il faut obtenir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés dans chaque assemblée départementale" (BFM TV 22/10).

 

Comment encore leur faire confiance après toutes ces manoeuvres dans le dos des électeurs ?

 

Il va falloir s'organiser afin de mettre un frein à ces dérives anti-démocratiques.

 

M.L.

 

 

 

feu referendum--> Adieu référendum... (26 novembre 2014) - Où l'on verra que les débats n'ont que très peu évoqué l'article 3 de la loi de réforme territoriale qui supprime la condition de référendum pour les modifications des collectivités. 

 

 

 

conseil alsace reforme territoriale--> Conseil d'Alsace - Réforme territoriale - Les alchimistes du "oui" (1er novembre 2014) - Où l'on verra qu'après avoir voulu faire passer une complexification pour de la simplification, lors du pseudo débat de 2013, voilà maintenant qu'on voudrait nous faire avaler que l'échec du référendum du 7 avril serait en fait une victoire volée !

 

 

Couple alsacien-copie-3--> Les conseils (d'Alsace) du Dr Guido BUTTCHERT : Toute ressemblance avec des événements réels ou avec des personnalités connues, comme Guy-Dominique Kennel, Charles Buttner et Philippe Richert, est évidemment totalement fortuite.

 


 

chronologie CUA sommaire-copie-2--> Conseil unique d'Alsace - Le rappel des faits - Chronologie 2010-2014 (25 octobre 2014) - Où l'on pourra se remémorer les faits depuis l'autorisation légale de l'expérimentation institutionnelle en décembre 2010 jusqu'au retour forcé du conseil unique d'Alsace par la fenêtre, après qu'il ait été sorti par la grande porte du référendum.

 

 

Manifestation 11 octobre copie--> Conseil d'Alsace et réforme territoriale – Manifestation du 11 octobre – Une manifestation en demi-teinte (12 octobre 2014) - Où l'on verra que la manifestation du 11 octobre n'a pas été à la hauteur des espérances, pour avoir soufflé sur les divisions plutôt que sur une volonté de rassemblement.

 

 

 

citoyens en colere 2 copie--> Retour du conseil d'Alsace - Les ficelles (médiatiques) sont un peu grosses - Halte aux manipulations ! (où l'on verra comment les électeurs qui ont voté non le 7 avril 2013 sont rayés de la carte par un "sondage" réalisé dans la presse locale)

 

 

Manifestation du 11 octobre Strasbourg 2-->  Tarif spécial - La mascarade du 11 octobre (4 octobre 2014) - Où l'on verra que le Conseil d'Alsace outrepasse ses prérogatives pour soutenir une manifestation à caractère politique en demandant à la SNCF de mettre en place un tarif TER spécial de 5€.

 

 

22 septembre vote des trois conseils alsace--> Vote du 22 septembre 2014 en Alsace : l'orage n'a pas fini de gronder (où l'on verra la trahison des élites à l'égard du suffrage populaire exprimé lors du référendum du 7 avril 2013)

 

Richert retour du conseil d Alsace--> Retour du Conseil Unique d'Alsace - Crise de légitimité et responsabilité politique (18 septembre 2014) - Où l'on verra combien nos élites semblent avoir perdu le sens de la démocratie et de la République. Que l'on ait voté pour ou contre en Alsace lors du referendum du 7 avril 2013, cela doit choquer. Et cela choquera. Les nuages continuent de s'amonceler à l'horizon, et il y a fort à craindre pour l'avenir. Elus, élues, le tonnerre gronde. Que ferez-vous ? Que ferons-nous ?

 

 

collectivite territoriale suppression referendum copie--> Suppression de la condition de referendum et retour du Conseil Unique d'Alsace (29 août 2014) - où l'on apprendra que dans le cadre de la loi sur la fusion des régions un amendement vise à supprimer la condition de referendum pour les fusions et modifications de collectivités territoriales. Et de voir les partisans de la Collectivité unique reprendre du poil de la bête...

 

 

 

 

L'analyse des résultats du  7 avril 2013 :

infographie-les-resultats-du-referendum

 

--> En Alsace, c’est  « non » ! (9 avril 2013) - (où l’on trouvera des éléments d’analyse pour comprendre les résultats du 7 avril 2013 et faire le bilan de la campagne référendaire).

 

 

 

Dix raisons de voter non  en 2013 :


--> schema-referendum_cta.pngDix raisons de voter non : ce projet est une usine à gaz complexe qui, loin de permettre des économies risque bien de nous coûter cher. En participant à l'émiettement institutionnel de la France, il nous affaiblira sans doute plus qu'il nous renforcera. C'est un projet précipité et flou, sans aucune vision d'ensemble, et qui sert de cache-misère politique. Sur fond de crise de confiance généralisée et de fantasmes autonomistes, nos élus risquent de s'enfermer dans une bulle, car la proximité annoncée n'est qu'illusoire. Refusons le chèque en blanc.

 

 

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 23:17

Conseil d'Alsace et réforme territoriale – Manifestation du 11 octobre

 

La manif' de la division

 

 

Manifestation-11-octobre-copie.jpg15 000 manifestants au moins étaient espérés à Strasbourg ce samedi 11 octobre à 14h30. Sous un soleil finalement de la partie, il y en aura eu deux fois moins, malgré un battage médiatique et une mobilisation exceptionnelle d’élus locaux (de nombreux bus affrétés, des TER à 5€, des trains supplémentaires, des groupes musicaux sur une énorme scène, une dramatisation à outrance des enjeux...). Mais il y aurait eu beaucoup plus de monde si les organisateurs de cette manifestation n’avaient pas fait le choix indécent de mêler, dans leurs revendications, d'une part le légitime refus d’une grande région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, dont on ne voit pas vraiment ce qu’elle pourrait apporter, avec d'autre part le soutien au projet, lui aussi toujours aussi flou, de Conseil Unique d’Alsace, pourtant refusé par voie référendaire le 7 avril 2013.

 

Diviser au lieu de rassembler !

 

Au lieu de proposer une motion unitaire et rassembleuse, respectueuse des électeurs, les « acharnés » du 22 septembre ont ainsi préféré jouer les arrière-pensées politiciennes, en tentant d’instrumentaliser les manifestants, en leur faisant dire ce qu’ils ne voulaient pas et ce qui avait déjà été refusé par les urnes, au prix d'une grave crise de légitimité. Les abstentionnistes et les « nonistes » du 7 avril avaient pourtant montré assez fortement que le projet, mal ficelé, n’était pas attendu comme une planche de salut. Sans compter que rien n'a été fait pour proposer de meilleurs arguments pour défendre l'idée d'une collectivité unique (on ne sait par exemple toujours pas comment elle pourrait être articulée avec Strasbourg eurométropole).

Appeler à manifester contre les résultats d'un référendum, c'était assez inédit... Combien ont été découragés par ce choix antidémocratique, soutenu à mi-mots par certains journalistes ? On ne le saura jamais. Ce qui est sûr c’est que cela n’a pas été la plus habile des solutions. C’était même particulièrement grossier. Et cela se voit dans les résultats, avec un rassemblement qui a commencé à se disloquer après le discours de Philippe Richert, vers 16h, alors que le programme des animations s'étendait jusqu'à 18h.

 

Retour sur les chiffres

 

CR68 20 minutesS’il est inutile de polémiquer vainement sur les chiffres, des éléments permettent tout de même certaines mises au point. Sur la place de Bordeaux, la superficie entre la scène et la régie était de 2 500 m². Si 20 000 personnes avaient été là, on parviendrait douloureusement à 8 manifestants au m². Or la foule n’était pas compacte sur toute sa longueur. Les 2/3 de la profondeur de la place étaient occupés, mais peu de gens derrière la régie. Avec 3 ou 4 personnes au m² en moyenne, les chiffres annoncés par les autorités sont donc plutôt convaincants : si l'on dépasse les 7 000 personnes, ce n'est pas de beaucoup. Cela fait à peine 0.55% des inscrits, auxquels il faudrait encore déduire les mineurs. C'est beaucoup moins que la manifestation de Nantes le 27 septembre dernier qui faisait rêver nos élus (il s'agissait là de la volonté d'agrandir la Bretagne par un nouveau département, derrière des revendications nationalistes et identitaires). C'est aussi moitié moins que la "Strasbourgeoise", marche contre le cancer du sein qui a bloqué le centre-ville de Strasbourg la veille au soir avec 15 000 participantes. Au fait, aura-t-on la transparence requise sur les chiffres de la fréquentation des TER alsaciens (il semblerait qu'ils n'ont pas fait florès), et le bilan financier de l'opération ?

 

Une forte présence autonomiste

 

Dans ce succès en mi-teinte (ou cet échec relatif), il faut tout de même reconnaître que Philippe Richert a eu le courage de faire chanter la Marseillaise, reprise par de nombreux manifestants, pour montrer que l’Alsace « ne tourne pas le dos à la France », au milieu des huées des autonomistes répartis dans la foule, très mobilisés, très visibles sous des pancartes parfois agressives et les couleurs du « rot un wiss » (un drapeau officialisé le 25 juin 1912, sous le régime du Reichsland, pendant l'annexion prussienne de 1871 à 1918). Sans doute y aurait-il eu aussi plus de monde si un tel discours, plus républicain, avait été tenu plus fermement depuis la campagne avant le référendum, au lieu d’alimenter régulièrement les fantasmes et la joie des autonomistes. Il y a d'ailleurs encore beaucoup à faire pour conjurer les démons identitaires, lâchés par nos apprentis sorciers institutionnels du gouvernement socialiste (mais précédés par ceux du gouvernement Sarkozy dont a fait partie Philippe Richert).

 
96% ?


Lors de son discours, le président du conseil régional a aussi claironné que "le Haut-Rhin et le Bas-Rhin" ont dit "à 96%, non à l'Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne et oui au conseil d'Alsace". Comment Philippe Richert peut-il avancer ce chiffre de 96%, repris par la presse ? Mention spéciale aux élus PS qui, par leur attitude ambiguë, ont permis d'obtenir ce chiffre. En effet, ils étaient 108 conseillers sur 122 le 24 novembre 2012 à voter pour le conseil unique, soit 88,5% des votants ; ils ont été 101 sur 122 le 22 septembre 2014 à soutenir le conseil d’Alsace (malgré la claque du referendum entre les deux).  En fait, ne voulant pas dire « non » lors du scandaleux vote du 22 septembre 2014, préférant aussi ne pas s’abstenir, la majorité des socialistes a finalement décidé de ne pas participer au vote. Voici comment obtenir l’inverse de ce que l’on souhaite par de mauvais calculs et une posture finalement peu courageuse.

 

Seconde lecture à partir du 29 octobre

 

Beaucoup a été fait ces derniers jours pour tenter de faire oublier les résultats de la consultation populaire du 7 avril 2013. Entre un appel parfois trompeur à la manifestation (vous venez contre la fusion des trois régions et on vous compte automatiquement comme partisan du Conseil Unique), un « sondage » de presse à la déontologie douteuse (effaçant de la carte toute une portion de l’électorat, celle qui s'est exprimée contre le projet de Collectivité unique), ou encore l’utilisation indigne du service public à des fins partisanes (avec les trains spéciaux affrétés et le tarif spécial à 5€ pour les manifestants), nous parvenons à des sommets de mauvaise foi, voire de peu glorieuses manipulations.

 

Avec le retour sur la table de travail des parlementaires de la loi sur la réforme territoriale, en deuxième lecture à partir du 29 octobre prochain, il nous faudra rester vigilants et envisager des actions concrètes pour faire respecter notre vote et défendre le principe départemental, garant d'une meilleure proximité.

 

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M.L.

 

 

 

feu referendum--> Adieu référendum... (26 novembre 2014) - Où l'on verra que les débats n'ont que très peu évoqué l'article 3 de la loi de réforme territoriale qui supprime la condition de référendum pour les modifications des collectivités. 

 

 

 

conseil alsace reforme territoriale--> Conseil d'Alsace - Réforme territoriale - Les alchimistes du "oui" (1er novembre 2014) - Où l'on verra qu'après avoir voulu faire passer une complexification pour de la simplification, lors du pseudo débat de 2013, voilà maintenant qu'on voudrait nous faire avaler que l'échec du référendum du 7 avril serait en fait une victoire volée !

 

 

Couple alsacien-copie-3--> Les conseils (d'Alsace) du Dr Guido BUTTCHERT : Toute ressemblance avec des événements réels ou avec des personnalités connues, comme Guy-Dominique Kennel, Charles Buttner et Philippe Richert, est évidemment totalement fortuite.

 


 

chronologie CUA sommaire-copie-2--> Conseil unique d'Alsace - Le rappel des faits - Chronologie 2010-2014 (25 octobre 2014) - Où l'on pourra se remémorer les faits depuis l'autorisation légale de l'expérimentation institutionnelle en décembre 2010 jusqu'au retour forcé du conseil unique d'Alsace par la fenêtre, après qu'il ait été sorti par la grande porte du référendum.

 

 

amendement senat alsace--> Conseil Unique d'Alsace le retour - L'amendement du Sénat (22 octobre 2014) - Où l'on verra que la campagne de mauvaise foi contre les résultats du 7 avril a des répercussions au Sénat où de nombreux Alsaciens, légitimement hostiles à la grande région Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne, sont fait cocus par leurs élus...

 

citoyens en colere 2 copie--> Retour du conseil d'Alsace - Les ficelles (médiatiques) sont un peu grosses - Halte aux manipulations ! (où l'on verra comment les électeurs qui ont voté non le 7 avril 2013 sont rayés de la carte par un "sondage" réalisé dans la presse locale)

 

 

Manifestation du 11 octobre Strasbourg 2-->  Tarif spécial - La mascarade du 11 octobre (4 octobre 2014) - Où l'on verra que le Conseil d'Alsace outrepasse ses prérogatives pour soutenir une manifestation à caractère politique en demandant à la SNCF de mettre en place un tarif TER spécial de 5€.

 

 

22 septembre vote des trois conseils alsace--> Vote du 22 septembre 2014 en Alsace : l'orage n'a pas fini de gronder (où l'on verra la trahison des élites à l'égard du suffrage populaire exprimé lors du référendum du 7 avril 2013)

 

Richert retour du conseil d Alsace--> Retour du Conseil Unique d'Alsace - Crise de légitimité et responsabilité politique (18 septembre 2014) - Où l'on verra combien nos élites semblent avoir perdu le sens de la démocratie et de la République. Que l'on ait voté pour ou contre en Alsace lors du referendum du 7 avril 2013, cela doit choquer. Et cela choquera. Les nuages continuent de s'amonceler à l'horizon, et il y a fort à craindre pour l'avenir. Elus, élues, le tonnerre gronde. Que ferez-vous ? Que ferons-nous ?

 

 

collectivite territoriale suppression referendum copie--> Suppression de la condition de referendum et retour du Conseil Unique d'Alsace (29 août 2014) - où l'on apprendra que dans le cadre de la loi sur la fusion des régions un amendement vise à supprimer la condition de referendum pour les fusions et modifications de collectivités territoriales. Et de voir les partisans de la Collectivité unique reprendre du poil de la bête...

 

 

 

 

L'analyse des résultats du  7 avril 2013 :

infographie-les-resultats-du-referendum

 

--> En Alsace, c’est  « non » ! (9 avril 2013) - (où l’on trouvera des éléments d’analyse pour comprendre les résultats du 7 avril 2013 et faire le bilan de la campagne référendaire).

 

 

 

Dix raisons de voter non  en 2013 :


--> schema-referendum_cta.pngDix raisons de voter non : ce projet est une usine à gaz complexe qui, loin de permettre des économies risque bien de nous coûter cher. En participant à l'émiettement institutionnel de la France, il nous affaiblira sans doute plus qu'il nous renforcera. C'est un projet précipité et flou, sans aucune vision d'ensemble, et qui sert de cache-misère politique. Sur fond de crise de confiance généralisée et de fantasmes autonomistes, nos élus risquent de s'enfermer dans une bulle, car la proximité annoncée n'est qu'illusoire. Refusons le chèque en blanc.

 

 

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 21:40

Retour du Conseil Unique d'Alsace

 

Halte aux manœuvres !

 

 

 

citoyens en colere 2 copie

 

 

Le site du journal L'Alsace propose ces derniers jours un sondage à la déontologie particulièrement douteuse, dont la réponse est ostensiblement manipulée.

 

A la question "quel découpage des régions souhaiteriez-vous pour l'Alsace", le sondé peut choisir trois réponses :

 

- une région Alsace seule et fusionnée


- une région Alsace-Lorraine


- une région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne

 

On retrouve ici, avec de grosses ficelles, la rhétorique des pouvoirs locaux en place, et notamment celle de Philippe Richert, président du Conseil régional d'Alsace : ce serait le retour du conseil unique d'Alsace (la fusion des trois collectivités, conseils généraux et du conseil régional, en une seule collectivité) OU BIEN la réforme du gouvernement (plan A ou plan B) ! Pas même une case "sans opinion" pour - à la limite - donner le change ! Quelle grossière manipulation (la seule autre possibilité étant l'incompétence) !

 

Comme si on ne pouvait pas défendre l'idée d'une région Alsace maintenue telle quelle, avec ses deux départements, hérités de la Révolution Française, garants d'une meilleure proximité et d'un meilleur équilibre entre les territoires que cette collectivité unique qui n'a pas convaincu les électeurs lors du referendum du 7 avril 2013 (avec l'abstention invalidante du Bas-Rhin et la claque inattendue du non dans le Haut-Rhin à 55,74%). Si encore nous avions entendu de nouveaux arguments, plus convaincants. Mais non, rien de neuf, toujours le même flou, toujours le même chèque en blanc, sans économie, ni simplification, les raisons de voter "non" restent les mêmes ! Pourquoi faudrait-il absolument céder aux expérimentations institutionnelles des apprentis sorciers de droite comme de gauche ?

 

Si vous faites partie des près de 200 000 citoyens qui avez voté NON l'an passé, ce sondage ne vous permet PAS d'exprimer votre position. Vous êtes rayés de la carte. Rayés du sondage. Allez, du balai. Ce ne sont pas des visages que l'on efface sur des photos, c'est tout un champ des possibles qui disparaît.

 

Quel mépris ! Quel mépris des citoyens et du suffrage universel ! Quelle arrogance de la part d'élites médiatico-politiques qui sont en train de se discréditer purement et simplement, au prix d'une grave crise de légitimité dont le menu des conséquences n'a pas fini de se dérouler...

 

Pourquoi les responsables politiques n'ont-ils pas simplement appelé à la mobilisation contre la réforme territoriale (sans d'ailleurs utiliser des moyens qui se révéleront sans doute illégaux, comme la mise en place de TER à 5€ pour les manifestants) ? Pourquoi tenter aussi grossièrement de faire revenir par la contrainte et par la manipulation ce qui a été démocratiquement rejeté ? Pourquoi aussi ne pas dénoncer la suppression de la condition de référendum pour les modifications territoriales qui se trame dans l'ombre de ladite réforme territoriale ?

 

Ce sont de graves fautes démocratiques.

 

Il faudra en appeler aux urnes. A la légitime colère des citoyens.

 

Et trouver des gardes-fous contre ces profondes dérives d'une presse déjà plongée dans la crise de confiance.

 

Mesdames, messieurs les journalistes qui ne cautionnez pas ces écarts insupportables à la raison, tenez bons ! L'article 9 de la charte de Munich, exposant en 1971 les droits et devoirs des journalistes, est avec vous : "ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste" !

 

M.L.

 

 

Mise à jour du 11 octobre :


« Vous ne le savez pas , mais vous n’existez pas ! »

 
Invité par le M’Pep Alsace à Strasbourg ce vendredi 10 octobre pour présenter les enjeux de la réforme territoriale, aux côtés de Danielle Goussot, j’ai commencé mon propos en demandant aux quelques dizaines de personnes présentes dans la salle de se prêter à un sondage, en toute bonne foi : « Qui parmi vous est pour une grande région Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne ?... Personne ?... Non, vraiment ? Bon... Maintenant qui est pour une grande région Alsace-Lorraine ?... Non, personne non plus ? Soit… Qui est alors pour un Conseil Unique d’Alsace ? Non plus ? Vraiment personne ?!... Eh bien, mesdames et messieurs, vous ne le savez peut-être pas, mais j’ai le triste honneur de vous annoncer que vous n’existez pas. Vous ne comptez pour rien. »
En tout cas selon le sondage mis en ligne sur le site de L’Alsace depuis plusieurs jours et mis en tête de gondole de l’actualité du matin. Quelle violence politique insupportable ! La même d’ailleurs que celle qui s’est exprimée le 22 septembre dernier par les 101 conseillers régionaux et départementaux ayant voté le retour du conseil unique malgré le non du 7 avril dans le Haut-Rhin.


Au même moment, vendredi soir 10 octobre, sur le site du quotidien, avec 23 360 vues, 3 360 internautes s’étaient prononcés sur cette question biaisée : « quel redécoupage souhaitez-vous ? ». Commentaire de la journaliste dans l’édition du samedi 11/10 : « 78% ont choisi l’Alsace unie et fusionnée, 17% l’Alsace-Lorraine et 5% l’Alsace/Lorraine/Champagne-Ardenne ». Notons que cela fait tout de même 85 % des lecteurs qui n’ont pas souhaité tomber dans le piège de ce piètre sondage. Honneur à vous.

 

 

 

citoyens-en-colere-copie.jpg

 

 

 

 

 

feu referendum--> Adieu référendum... (26 novembre 2014) - Où l'on verra que les débats n'ont que très peu évoqué l'article 3 de la loi de réforme territoriale qui supprime la condition de référendum pour les modifications des collectivités. 

 

 

 

conseil alsace reforme territoriale--> Conseil d'Alsace - Réforme territoriale - Les alchimistes du "oui" (1er novembre 2014) - Où l'on verra qu'après avoir voulu faire passer une complexification pour de la simplification, lors du pseudo débat de 2013, voilà maintenant qu'on voudrait nous faire avaler que l'échec du référendum du 7 avril serait en fait une victoire volée !

 

 

Couple alsacien-copie-3--> Les conseils (d'Alsace) du Dr Guido BUTTCHERT : Toute ressemblance avec des événements réels ou avec des personnalités connues, comme Guy-Dominique Kennel, Charles Buttner et Philippe Richert, est évidemment totalement fortuite.

 

 

 

chronologie CUA sommaire-copie-2--> Conseil unique d'Alsace - Le rappel des faits - Chronologie 2010-2014 (25 octobre 2014) - Où l'on pourra se remémorer les faits depuis l'autorisation légale de l'expérimentation institutionnelle en décembre 2010 jusqu'au retour forcé du conseil unique d'Alsace par la fenêtre, après qu'il ait été sorti par la grande porte du référendum.

 

 

amendement senat alsace--> Conseil Unique d'Alsace le retour - L'amendement du Sénat (22 octobre 2014) - Où l'on verra que la campagne de mauvaise foi contre les résultats du 7 avril a des répercussions au Sénat où de nombreux Alsaciens, légitimement hostiles à la grande région Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne, sont fait cocus par leurs élus...

 

 

Manifestation 11 octobre copie--> Conseil d'Alsace et réforme territoriale – Manifestation du 11 octobre – Une manifestation en demi-teinte (12 octobre 2014) - Où l'on verra que la manifestation du 11 octobre n'a pas été à la hauteur des espérances, pour avoir soufflé sur les divisions plutôt que sur une volonté de rassemblement.

 

 

Manifestation du 11 octobre Strasbourg 2-->  Tarif spécial - La mascarade du 11 octobre (4 octobre 2014) - Où l'on verra que le Conseil d'Alsace outrepasse ses prérogatives pour soutenir une manifestation à caractère politique en demandant à la SNCF de mettre en place un tarif TER spécial de 5€.

 

 

22 septembre vote des trois conseils alsace--> Vote du 22 septembre 2014 en Alsace : l'orage n'a pas fini de gronder (où l'on verra la trahison des élites à l'égard du suffrage populaire exprimé lors du référendum du 7 avril 2013)

 

Richert retour du conseil d Alsace--> Retour du Conseil Unique d'Alsace - Crise de légitimité et responsabilité politique (18 septembre 2014) - Où l'on verra combien nos élites semblent avoir perdu le sens de la démocratie et de la République. Que l'on ait voté pour ou contre en Alsace lors du referendum du 7 avril 2013, cela doit choquer. Et cela choquera. Les nuages continuent de s'amonceler à l'horizon, et il y a fort à craindre pour l'avenir. Elus, élues, le tonnerre gronde. Que ferez-vous ? Que ferons-nous ?

 

 

collectivite territoriale suppression referendum copie--> Suppression de la condition de referendum et retour du Conseil Unique d'Alsace (29 août 2014) - où l'on apprendra que dans le cadre de la loi sur la fusion des régions un amendement vise à supprimer la condition de referendum pour les fusions et modifications de collectivités territoriales. Et de voir les partisans de la Collectivité unique reprendre du poil de la bête...

 

 

 

 

L'analyse des résultats du  7 avril 2013 :

infographie-les-resultats-du-referendum

 

--> En Alsace, c’est  « non » ! (9 avril 2013) - (où l’on trouvera des éléments d’analyse pour comprendre les résultats du 7 avril 2013 et faire le bilan de la campagne référendaire).

 

 

 

Dix raisons de voter non  en 2013 :


--> schema-referendum_cta.pngDix raisons de voter non : ce projet est une usine à gaz complexe qui, loin de permettre des économies risque bien de nous coûter cher. En participant à l'émiettement institutionnel de la France, il nous affaiblira sans doute plus qu'il nous renforcera. C'est un projet précipité et flou, sans aucune vision d'ensemble, et qui sert de cache-misère politique. Sur fond de crise de confiance généralisée et de fantasmes autonomistes, nos élus risquent de s'enfermer dans une bulle, car la proximité annoncée n'est qu'illusoire. Refusons le chèque en blanc.

 

 

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 00:13

 

Conseil d'Alsace : "tarif spécial"


La mascarade du 11 octobre

 

 

Manifestation-du-11-octobre-Strasbourg-2.jpgIl y a eu la tentative avortée de supprimer la condition de referendum pour les fusions de collectivités et la reprise de l'assaut dans le cadre de la loi sur la réforme territoriale. Il y a eu plus récemment le scandaleux vote du 22 septembre en Alsace, lorsque les élus départementaux et régionaux ont montré leur mépris à l'égard du suffrage populaire, appelant au retour du conseil unique d'Alsace pourtant rejeté par référendum. Voici maintenant les subventions publiques pour une manifestation à caractère politique...

 

Dans un communiqué de presse daté du vendredi 3 octobre, la Région Alsace annonce en effet la mise en place exceptionnelle de trains TER avec tarifs spéciaux pour le samedi 11 octobre prochain, jour où une « grande » manifestation « en faveur de l’Alsace unie » est organisée par le collectif « L’Alsace, ma Région », et soutenue par les pouvoirs publics. Le communiqué précise que « face à l’affluence attendue, la Région a décidé de proposer un tarif TER exceptionnel pour permettre à tous les Alsaciens qui le souhaitent de se joindre à ce mouvement de protestation ». Il faut le lire pour y croire... « Ainsi, les participants pourront bénéficier d’un billet aller/retour au départ de leur gare et à destination de Strasbourg, valable sur l’ensemble des TER en Alsace, pour un montant forfaitaire de 5€ (correspondances incluses) ». Au lieu des 45€ pour un aller-retour Saint-Louis-Strasbourg sur le même créneau...  De plus, « des trains supplémentaires seront également mis en circulation pour compléter l’offre TER habituelle », ce que confirme un document interne de la SNCF intitulé sobrement « MANIFESTATION CONSEIL UNIQUE / CONSEIL D’ALSACE » et publié sur le site Rue89. Document qui souligne aussi le caractère ambigu de cette manifestation : à la fois contre la grande région Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne, et en même temps pour le Conseil Unique d’Alsace… Autrement dit contre les résultats d’un referendum… du jamais vu !

 

Un pas dans l'illégalité ?...

 

Mais au fait, depuis quand les deniers publics peuvent-ils servir à financer une manifestation à caractère nettement politique ? Les collectivités publiques ont normalement un devoir de neutralité. Il est ici clairement outrepassé. Il n’est d’ailleurs pas sûr que cette initiative ne soit pas au final condamnée, d’autant plus que le Préfet de région annonce déjà qu’il appliquera son « contrôle de légalité sur cette décision ». Faut-il y voir le sursaut du désespéré pour éviter un flop (la manifestation du 28 juin contre la fusion Alsace-Lorraine n'avait réuni que peu de personnes, et beaucoup d'autonomistes) ou bien la suprême arrogance d’élus qui auraient définitivement perdu pied ? Si condamnation, il y a ce sera bien après le forfait. L'effet escompté sera donc en partie atteint. Serait-ce un calcul retors ? Ou un dérapage contrôlé qui chercherait justement une réaction répressive de l'Etat afin de pouvoir ensuite s'en plaindre ? A suivre de près...

 

Du temps de l’Union Soviétique, régulièrement, le régime en place affrétait le transport pour faire participer les foules aux défilés monstres qu’il organisait, afin de donner l’impression d’un large soutien populaire, grâce à cette forme d'embrigadement institutionnel... Les TER relèvent certes de la compétence régionale. Aurions-nous là un avant-goût de ce que pourrait devenir une Alsace davantage "autonome", en un sens bien particulier : une nouvelle baronnie où les puissants du moment feraient ce que bon leur semble et utiliseraient à discrétion ce qu’il reste de service public pour collaborer à leurs propres intérêts ? Nous avons hélas connu plusieurs fois dans notre histoire une telle période durant laquelle l'autorité, la légitimité et le pouvoir politique se délitent au profit d'un petit nombre d'oligarques qui tendent briser les cadres et à mettre en place un pouvoir personnel et arbitraire. Cela n'a pas été particulièrement des périodes de progrès, plutôt de déclin. Parfois suivies d'un sursaut. La dernière en date, c'est la fin du XVIIIème siècle qui aboutit à l'explosion de 1789.

 

Cela dit, il est vrai qu’on pourrait aussi en conclure que dorénavant tous les organisateurs de manifestation à Strasbourg pourront commander des TER, quelles que soient leurs revendications, à 5€ l’aller-retour. Dites-nous, M. Richert, à qui faut-il s’adresser ? A la SNCF ? A la Région Alsace ? Qui paie quoi ? Cela pourrait bien être utile dans les prochains temps...

 

Au cabinet de Philippe Richert, selon un article des DNA, on compare cette décision aux opérations spéciales mettant en place des « trains spéciaux » pour le « Mörgenstreich », le fameux carnaval de Bâle. On croirait de l'humour. Mais pas du tout, c'est une mascarade... « Philippe Richert appelle à manifester, mais la Région n’appelle pas à manifester », argumente-t-on encore laborieusement. « On nous dit qu’il va y avoir beaucoup de demande, donc on répond à la demande ». Faut-il traduire : Philippe Richert nous dit qu’il va y avoir beaucoup de demande, alors nous créons l’offre et l'événement…? Selon Rue89, le directeur de cabinet de Philippe Richert considère qu’il s’agit là avant tout d’une « opération commerciale »… Ce qui est sûr, c'est que sur le plan de la communication, cela fait le buzz, même dans la presse nationale. Sur ce plan, c'est une réussite.

 

Des bus depuis le sud de l'Alsace !

 

En parallèle, il vient d’être demandé aux maires de communes du sud alsacien d’imprimer et de diffuser, en urgence, un « tract » appelant à la « mobilisation » avec talon-réponse, afin d’estimer le nombre de bus à affréter (pour « 12 à 15€ l’aller-retour ») : « la distribution du tract devra être effectuée par les élus dans les foyers de vos communes ce week-end » est-il écrit dans ce courriel envoyé aujourd'hui dans les mairies du Sundgau... Le coût est certes modeste, mais à la charge du contribuable tout de même ! C'est un hold-up institutionnel.

 

CR68-20-minutes.jpgMais les élus départementaux qui se font l’écho de cette deuxième offre évitent soigneusement, quant à eux, de parler d’une manifestation en faveur de ce Conseil d’Alsace que les Haut-Rhinois ont précisément refusé en avril 2013. Cette confusion entretenue a sans doute pour objectif de gruger le citoyen : certains s’imagineront peut-être, en toute bonne foi, aller parader uniquement contre la fusion avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne. Les organisateurs et leurs sympathisants les remercieront assurément de leur naïveté en les instrumentalisant médiatiquement à leur profit…

 

Quoiqu’il en soit, nous pouvons d’ores et déjà souhaiter bon voyage à celles et ceux qui profiteront du tarif « spécial » pour aller faire quelques emplettes à Strasbourg.

 

Vivement la prochaine manifestation officielle !

 

M.L.

 

 

Mise à jour du 12 octobre 2014 :

Vous trouverez ci-dessous le communiqué de presse du CR68 envoyé samedi 4 octobre, une semaine avant la manifestation du 11. Aucune parution, aucune mention même, dans la presse régionale.


 « En osant publiquement comparer les tarifs spéciaux TER pour les manifestants du 11 octobre avec les opérations commerciales du carnaval de Bâle, tout a été dit : cette initiative, scandaleusement soutenue par les collectivités locales, est une grosse mascarade. Nous appelons les citoyens à ne pas y céder, quelle que soit leur légitime colère contre la fusion envisagée avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne. En croyant aller lutter contre ce projet mal préparé, les moins renseignés serviront en fait d’alibi à des élus cherchant à contourner par tous les moyens le cinglant résultat du 7 avril 2013.

 

Il faut hélas rappeler à la collectivité publique qu’est la Région Alsace son devoir de neutralité : l’argent public ne doit pas servir à financer une manifestation privée à caractère politique. Nous en appelons aux autorités pour faire cesser ces dérives inacceptables. Si nous cédons sur ce point, soyons sûrs de notre avenir : le retour des baronnies locales s’accaparant la puissance publique au profit de leurs intérêts privés. Ce n’est pas cela la République. »

 

Au final, au lieu des 15 000 personnes attendues, il y en a eu environ 7 000. Voilà ce que l’on gagne à diviser au lieu de rassembler, à mélanger les dossiers et à vouloir ressusciter sans raison un projet refusé par voie référendaire.

 

 M.L.

 

 

 

 

 

feu referendum--> Adieu référendum... (26 novembre 2014) - Où l'on verra que les débats n'ont que très peu évoqué l'article 3 de la loi de réforme territoriale qui supprime la condition de référendum pour les modifications des collectivités. 

 

 

 

conseil alsace reforme territoriale--> Conseil d'Alsace - Réforme territoriale - Les alchimistes du "oui" (1er novembre 2014) - Où l'on verra qu'après avoir voulu faire passer une complexification pour de la simplification, lors du pseudo débat de 2013, voilà maintenant qu'on voudrait nous faire avaler que l'échec du référendum du 7 avril serait en fait une victoire volée !

 

 

Couple alsacien-copie-3--> Les conseils (d'Alsace) du Dr Guido BUTTCHERT : Toute ressemblance avec des événements réels ou avec des personnalités connues, comme Guy-Dominique Kennel, Charles Buttner et Philippe Richert, est évidemment totalement fortuite.

 

 

 

chronologie CUA sommaire-copie-2--> Conseil unique d'Alsace - Le rappel des faits - Chronologie 2010-2014 (25 octobre 2014) - Où l'on pourra se remémorer les faits depuis l'autorisation légale de l'expérimentation institutionnelle en décembre 2010 jusqu'au retour forcé du conseil unique d'Alsace par la fenêtre, après qu'il ait été sorti par la grande porte du référendum.

 

 

amendement senat alsace--> Conseil Unique d'Alsace le retour - L'amendement du Sénat (22 octobre 2014) - Où l'on verra que la campagne de mauvaise foi contre les résultats du 7 avril a des répercussions au Sénat où de nombreux Alsaciens, légitimement hostiles à la grande région Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne, sont fait cocus par leurs élus...

 

 

Manifestation 11 octobre copie--> Conseil d'Alsace et réforme territoriale – Manifestation du 11 octobre – Une manifestation en demi-teinte (12 octobre 2014) - Où l'on verra que la manifestation du 11 octobre n'a pas été à la hauteur des espérances, pour avoir soufflé sur les divisions plutôt que sur une volonté de rassemblement.

 

 

22 septembre vote des trois conseils alsace--> Vote du 22 septembre 2014 en Alsace : l'orage n'a pas fini de gronder (où l'on verra la trahison des élites à l'égard du suffrage populaire exprimé lors du référendum du 7 avril 2013)

 

 

Richert retour du conseil d Alsace--> Retour du Conseil Unique d'Alsace - Crise de légitimité et responsabilité politique (18 septembre 2014) - Où l'on verra combien nos élites semblent avoir perdu le sens de la démocratie et de la République. Que l'on ait voté pour ou contre en Alsace lors du referendum du 7 avril 2013, cela doit choquer. Et cela choquera. Les nuages continuent de s'amonceler à l'horizon, et il y a fort à craindre pour l'avenir. Elus, élues, le tonnerre gronde. Que ferez-vous ? Que ferons-nous ?

 

 

collectivite territoriale suppression referendum copie--> Suppression de la condition de referendum et retour du Conseil Unique d'Alsace (29 août 2014) - où l'on apprendra que dans le cadre de la loi sur la fusion des régions un amendement vise à supprimer la condition de referendum pour les fusions et modifications de collectivités territoriales. Et de voir les partisans de la Collectivité unique reprendre du poil de la bête...

 

 

 

 

L'analyse des résultats du  7 avril 2013 :

infographie-les-resultats-du-referendum

 

--> En Alsace, c’est  « non » ! (9 avril 2013) - (où l’on trouvera des éléments d’analyse pour comprendre les résultats du 7 avril 2013 et faire le bilan de la campagne référendaire).

 

 

 

Dix raisons de voter non  en 2013 :


--> schema-referendum_cta.pngDix raisons de voter non : ce projet est une usine à gaz complexe qui, loin de permettre des économies risque bien de nous coûter cher. En participant à l'émiettement institutionnel de la France, il nous affaiblira sans doute plus qu'il nous renforcera. C'est un projet précipité et flou, sans aucune vision d'ensemble, et qui sert de cache-misère politique. Sur fond de crise de confiance généralisée et de fantasmes autonomistes, nos élus risquent de s'enfermer dans une bulle, car la proximité annoncée n'est qu'illusoire. Refusons le chèque en blanc.

 

 

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